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L'obésité infantile

L'obésité, une épidémie planétaire...
Ø Quel
diagnostic ?
Ø Comment
prévenir ?
Ø Quelles
conséquences pour l'enfant ?
Que faire ?
Réduire les
facteurs de risque...
Soigner l'obésité infantile...
L'obésité, une épidémie planétaire...

Les petits
américains ne sont plus les seuls concernés par le problème de poids, en France
aussi le surpoids gagne du terrain et cela devient de plus en plus préoccupant.
Aujourd'hui, on dénombre sur le territoire français, 10 % d'enfants obèses.
Mais il s'agit bien d'une épidémie planétaire puisque même les pays en voie de
développement sont touchés : en effet, ils s'industrialisent et changent
aussi leurs habitudes alimentaires et leur hygiène de vie. Ils connaissent à
leur tour : fast-food, sédentarité croissante, mauvaise hygiène de vie...
puis obésité. On a relevé, dans 4 pays différents, le pourcentage d'enfants en surpoids et les résultats sont peu
encourageants : 21% pour l'Allemagne; 12 % pour la France... (voir le graphique)
(Source : http://www.cerin.org/recherche/articles/SYN1999AP5_obesiteEnfant.asp
et www.obesitesante.com )
Ø Quel
diagnostic ?
Il
est important de pouvoir dépister l'obésité infantile car elle est une
véritable maladie qui a des conséquences sur la qualité de vie de l'enfant
(Voir Quelles conséquences pour l'enfant ?)
Tout
d'abord, on peut rappeler qu'il existe un index efficace et précis : l'IMC
(Indice de Masse Corporelle) servant à évaluer l'adiposité. Vous trouverez la
courbe d'IMC dans le carnet de santé de votre enfant. Il est important de la
compléter régulièrement afin de pouvoir l'interpréter.
Graphique :

Interprétation
:
Chez certains enfants, on observe
un IMC (= poids/taille2) qui subit ce que l'on appelle un
"rebond d'adiposité" trop tôt (courbe rouge). En moyenne, il
s'effectue aux alentours de 6 ans. Or, s'il a lieu vers 3 ans, comme c'est le
cas sur cette courbe, il est conseillé de la surveiller et de la contrôler
régulièrement, aussi, au moindre doute, il est préférable de consulter votre
médecin de famille.
(source : cahiers de nutrition
et de diététique, 2001, 36, 81-156)
Ø Comment
prévenir ?
Comme on le
dit si bien, "mieux vaut prévenir que guérir"... En effet, la
prévention s'impose d'autant plus que l'on sait qu'un enfant gros sur deux peut
retrouver un poids "normal" s'il est pris en charge précocement.
Nous savons
aussi qu'il existe de nombreux facteurs de risques de l'obésité; en voici
quelques uns. Exemples à ne pas suivre...
§
Une mauvaise hygiène de vie
La prise de
poids chez l'enfant ne se résume pas à des problèmes d'alimentation car il a
été prouvé par plusieurs études que le sommeil, par exemple, est étroitement
lié à la prise de poids ; selon ces études, les enfants obèses dorment moins
que les autres. Or, le manque de sommeil comme d'activité physique sont
impliqués dans la prise de poids... Lorsque l'on ne dort pas assez, on a tendance
à "sauter" le petit-déjeuner car quand on est fatigué, on n'a pas
faim ; alors c'est vers 11 h que l'on commence à avoir "un petit
creux" et c'est là que le grignotage intervient... Et puis on ne se sent pas
bien, fatigué, angoissé, stressé, cela peut même aller jusqu'à la dépression
dans certains cas. D'autre part, pratiquer une activité physique, nous permet
d'évacuer tout ce stress accumulé par ce manque de sommeil et de retrouver
enfin, un meilleur équilibre...
(Source :
http://www.cerin.org/recherche/articles/SYN1999AP5_obesiteEnfant.asp
)
§
La sédentarité excessive

De
l'autre côté de l'Atlantique, on parle de "couch-potatoes" pour
désigner tous ces enfants et ados qui passent des après-midi entières devant un
écran, que ce soit la télévision, internet, ou divers jeux vidéo... tout en
grignotant de la "junk-food" : chips, sodas, bonbons, barres
chocolatées, pizzas...
Il s'agit
là de jeunes américains, mais il faut
savoir que le phénomène s'est progressivement installé en France :
demandez à la majorité des enfants ce qu'ils font lorsqu'ils rentrent de
l'école...
§
Le déséquilibre
alimentaire
Il est vrai
que l'on consacre de moins en moins de temps à la préparation et à la prise des
repas. Et pourtant, quel moment agréable que de déjeuner ou de dîner avec ses
enfants, sa famille... On privilégie beaucoup les plats "vite faits" :
saucisses/chips, hamburger/frites... Bien qu'ils ne soient pas malsains (s'ils
sont pris de façon occasionnelle) le problème est qu'ils deviennent vite une
habitude et dans ce cas, qu'en est-il de la variété et de la diversité alimentaire
indispensables à notre santé ?
§
Le facteur génétique
L'obésité
n'est pas toujours issue de facteurs comportementaux, elle peut parfois être
due à divers problèmes organiques ou fonctionnels : l'hyperthyroïdie (soignée
par la prise de l'hormone déficiente), hypercorticisme ou "syndrome de
Cushing" (traité par des anticortisoliques de synthèse)...et/ou apparaître
sur un terrain héréditaire favorable (familles d'obèses), mais retenons que
même si les membres d'une même famille partagent des gènes, ils ont aussi en
commun : un type d'alimentation, un contexte socioculturel, un style de vie. De
nombreuses études sont encore en cours aujourd'hui afin de comprendre comment
se transmet la prédisposition à l'obésité chez l'homme...
( source: http://www.cerin.org/recherche/recherche.asp ; Traité
de nutrition clinique de l'adulte, Médecine-Sciences: Flammarion)
Ø Quelles
conséquences pour l'enfant ?
L'obésité
met en cause notre qualité de vie car elle engendre de nombreuses complications
néfastes pour entretenir notre bonne santé. Ces conséquences sont graves pour
l'enfant qui est obèse mais aussi lorsque celui-ci devient adulte...
Chez
l'enfant, ces conséquences sont non seulement médicales
(essoufflements, apnées du sommeil... Ainsi que chez l'adolescent : puberté
précoce, aménorrhée, diabète insulino-dépendant...) mais aussi psychologiques et
sociales. En effet, lorsqu'un enfant est en surpoids, il a une mauvaise image
de lui : il ne s'aime plus tel qu'il est, il ne se reconnaît plus et se
dévalorise. Dans la plupart des cas, il se sert de l'obésité pour faire passer un message (tristesse, solitude,
mal-être...) mais malheureusement, on ne le voit pas forcément tout de suite,
alors il continue à prendre du poids, ses amis le rejettent : il est sujet aux
remarques discriminatoires et son seul moyen de défense est de grossir encore
et encore pour se protéger de toutes ces agressions. Cela peut entraîner :
échec scolaire, hyper-agressivité, dépression... D'autre part, les parents ont
une part de responsabilité relativement à l'obésité de leur enfant car il est
vrai qu'ils ne sont pas toujours là lorsque ceux-ci rentrent de l'école, et
puis certains trouvent qu'il n'est pas facile de faire des repas équilibrés
pour tous alors que l'on a chacun des besoins différents (par exemple, un
adolescent n'aura pas les mêmes besoins nutritionnels que sa mère de 40 ans...).
Pour ce qui est des courses, c'est bien souvent une affaire "vite
réglée"; on n'a pas toujours la patience de bien choisir ses aliments car
l'on est pris par le temps... Il en est malheureusement de même pour ce qui est
de faire la cuisine. Se pose également le problème de la cantine scolaire.
Selon une enquête de 60 millions de
consommateurs, auprès de 353 établissements scolaires (écoles primaires,
collèges et lycées), il apparaît certaines erreurs :
* Les apports
calciques sont largement insuffisants
En effet,
certaines cantines scolaires font de mauvais choix en matière de laitages :
d'une part, elles privilégient les fromages ou les desserts lactés, plutôt que
les simples yaourts natures (moins caloriques et plus riches en calcium).
D'autre part, les fromages proposés sont fréquemment ceux qui contiennent le
moins de calcium... et encore, il n'y a pas toujours un laitage inclus dans le
menu... Or, un enfant en pleine croissance en a grand besoin.
* La présence
trop fréquente de plats protidiques gras
Pour des raisons économiques ou sous de
fausses excuses telles que "c'est pour faire plaisir aux enfants",
des plats comme le hachis parmentier, le cordon bleu ou les lasagnes arrivent
au moins 3 fois par semaine dans les assiettes de nos enfants... sans compter par
ailleurs les plats protidiques qui baignent dans la sauce ! Encore une fois, on s'aperçoit que la
notion de plaisir est associée au fait de manger des plats riches, mais
pourquoi n'apprendrait-on pas aux enfants à prendre plaisir à manger sain et
équilibré ?
·
La trop grande fréquence des pâtisseries

En effet,
les desserts sont bien souvent gras : éclairs au chocolat, Paris-Brest, gâteaux
divers se succèdent pour clore le repas, prenant la place du fruit...
Il
faut tout de même souligner que 70 à 80 % des enfants obèses de plus de 10 ans
le restent à l'âge adulte, ce qui représente une tranche de population
non-négligeable...
Chez
l'adulte obèse, de plus en
plus de complications risquent d'apparaître comme : le diabète, les maladies
coronariennes, l'hypercholestérolémie, les accidents vasculaires cérébraux, les
troubles respiratoires, certains cancers. Rien qu'aux Etats-Unis, 300 000
morts/an sont liées au diabète. Mais il ne faut surtout pas négliger l'aspect
psychologique de l'obésité à l'âge adulte car le mal-être dû à une surcharge
pondérale peut être toujours présent. Par contre,
il est
moins fréquent qu'un adulte obèse ait des problèmes à s'intégrer socialement
(au sein de son travail, par exemple). On a tous à l'esprit, l'image du bon
vivant sympathique, serviable, drôle... Or c'est souvent pour s'excuser de son
surpoids, qu'il soit modéré ou plus important, que le "bon gros" affiche
humour (dont l'auto-dérision), jovialité, apparente bonne humeur qui masquent
en fait sa sensibilité... D'ailleurs, nous en connaissons tous au moins un dans
notre entourage.
(source: Journal of General Internal Medicine, 6
décembre 2000)
Que faire ?
Réduire les facteurs de risque...
Tout
d'abord, une mauvaise hygiène de vie peut entraîner des troubles
relativement importants. En effet, un enfant de 10 ans, par exemple, a besoin
de 9h30 à 10h de sommeil par nuit (voir le graphique);
or, certains enfants se couchent parfois jusqu'à minuit pour se lever à 7h le
lendemain. C'est un temps de sommeil insuffisant qui provoque chez l'enfants
des troubles : manque de concentration à l'école, pas ou très peu d'appétit le
matin au petit-déjeuner, angoisse... Il est alors très important de recadrer
l'enfant dans des horaires plus adaptés à ses besoins, ainsi il sera moins
fatigué et aura de l'appétit en se levant le matin. Cela évitera également les
petits grignotages avant le repas du midi, voire même tout au long de la
journée...
(source: http://eric.mullens.free.fr/enfant3.htm#Le%20sommeil%20-%20haut )
Vous
trouverez sur cette page, toutes les informations nécessaires pour préparer un
petit-déjeuner agréable et équilibré : http://www.logidiet.com/fderad/abc.htm
En ce qui
concerne la sédentarité excessive, il est
primordial de pouvoir gérer le temps de télévision ou/et d'ordinateur par jour.
Pour cela, vous pouvez tout à fait établir un planning avec votre enfant pour
déterminer quels sont les programmes qui l'intéressent le plus et, le reste du
temps, privilégier des activités à l'extérieur (vélo, roller, jeux de ballon...)
si cela est possible, ou une activité sportive (basket, football, handball,
badminton, volley-ball, natation, tennis, danse...).

De plus,
l'occuper ainsi à se dépenser d'une façon ludique et agréable, l'empêche de
penser au grignotage. Cependant, n'oubliez pas qu'un enfant a généralement
besoin d'un goûter (équilibré) .
Ensuite, le
déséquilibre alimentaire qui est également un facteur de risque très
courant, est souvent mal évalué par l'enfant obèse car il n'a pas la notion de
ce qu'il faut qu'il mange et de ce qui est bon pour sa santé ou non... En effet,
ce sont les parents qui transmettent à leurs enfants leur façon de vivre et
leurs habitudes alimentaires. Il faut prendre le temps de manger, calmement,
dans une ambiance saine ; c'est un moment qui doit être privilégié... Pour ce
qui est de la cantine scolaire de l'enfant, il est tout à fait possible de
demander un imprimé des menus de la semaine suivante à l'école pour que vous
puissiez équilibrer correctement ses repas...
Sans
prendre en considération le problème de surpoids, manger équilibré
est très bon pour notre "capital santé". C'est pourquoi, il est
important "d'éduquer l'enfant" à goûter à tous les aliments, que ce
soit :
§
Des légumes :
Artichauts,
carottes, tomates, poireaux, choux...
§
Des fruits :
Fraises,
framboises,
banane, ananas, orange...

§
Des féculents :
Pain,
pâtes, riz, pommes de terre, lentilles, pois chiches, flageolets...
§
De la viande,
du poisson et autres produits de la mer, des œufs :
Bœuf, porc,
agneau; cabillaud, saumon, lieu, crevettes, moules; poulet, dinde, pintade;
œufs au plat, œufs pochés...

§
Des laitages :
Fromages,
yaourts, lait...
§
Des matières
grasses végétales et animales :
De l'huile
d'olive, de tournesol, beurre, margarine végétale...

...mais sous
différentes formes afin de varier les plaisirs, pour qu'il ne se lasse pas et
pour mieux couvrir ses besoins nutritionnels... Par exemple, la plupart des
parents savent que les produits laitiers sont une bonne source de calcium.
Toutefois, les fromages affinés sont également très riches en lipides et en
cholestérol, contrairement aux simples yaourts. Ainsi, si un jeune a besoin de
3 ou 4 portions de laitages par jour, il importe de ne pas multiplier les parts
de fromage...
De plus, il
ne faut surtout pas "diaboliser" certains aliments. Par exemple, si
votre enfant a envie de manger un croque-monsieur ou un hamburger, il n'y a pas
lieu de lui interdire tant que cela reste occasionnel, car cela devient vite un
jeu de transgresser les interdits...
Pour
finir, le facteur génétique qui représente une bonne partie des obésités
en France, n'est pas une fatalité. En effet, même si la majorité des personnes
obèses avaient un terrain génétique qui les prédisposait à stocker facilement
l'énergie excédentaire et à grossir, il n'était pas écrit à l'avance qu'ils
deviendraient nécessairement obèses un jour, s'ils avaient adopté le plus tôt
possible des habitudes saines pour leur santé (équilibre alimentaire, activité
physique, lutte contre la sédentarité...) ; ces "bonnes habitudes"
constituant une prévention efficace du surpoids.
D'ailleurs,
il serait bien trop simple d'accuser notre patrimoine génétique d'être le seul
et unique responsable de la survenue d'une obésité... Prévention et traitement
passent tous deux pas la prise de conscience et la responsabilisation, même si
le patient gagne à être éduqué, écouté, encouragé, bref accompagné, par
l'équipe médicale et la diététicienne.
Soigner
l'obésité infantile...
Pour faire
face à une obésité naissante, il est important de montrer à son enfant que l'on
perçoit son mal-être et essayer tant que possible de se rendre plus disponible
pour lui ; il faut qu'il sente qu'il n'est pas seul face à ses kilos en trop...
Tenter de rechercher les causes de la prise de poids est aussi essentiel (arrêt
du sport, déménagement, changement du lieu où il prenait habituellement ses
repas, perte d'un être cher, échec scolaire, divorce des parents...) car pour
guérir l'obésité, il faut bien sûr modifier certaines habitudes alimentaires et
comportementales, mais il faut surtout soigner la cause ; c'est pourquoi dans
certains cas, une aide psychologique est recommandée. Encore une fois, n'hésitez
pas à demander conseil auprès d'un médecin, qui saura vous orienter dans vos
démarches.
Dossier réalisé par Céline HELLEQUIN,
Stagiaire, étudiante en 1ère
SMS au Lycée
Saint-Jacques de Compostelle de Poitiers
Février 2004
Tous
droits réservés
La
diététique en question
ANNEXES
L'obésité, une épidémie
planétaire...

Le manque
de sommeil chez l'enfant :