* Qu'est-ce que l'obésité ?
a) Définition et facteurs favorisants
L'obésité est un syndrome d'étiologie plurifactorielle
caractérisé par l'augmentation de la masse grasse du sujet.
Celle-ci résulte de l'augmentation du nombre et/ou de la taille
des adipocytes. On distingue 3 types d'obésité: l'obésité gynoïde
à prédominance fémorale, l'obésité androïde à prédominance
abdominale et l'obésité mixte.
Les facteurs favorisant l'obésité semblent liés à des
prédispositions génétiques, à l'âge (l'obésité est favorisée à partir de 50
ans), au sexe (la prédominance de l'obésité féminine est nette),
aux facteurs socioculturels, (dans les pays à niveau de vie
élevé, l'obésité s'est développée dans les milieux défavorisés),
aux facteurs environnementaux (variété et abondance des aliments,
sédentarité, stress, arrêt du tabac).
b) Signes et évolution
Les indices de corpulence
(IMC et formule de Lorentz) sont
les témoins indirects de l'augmentation de la masse grasse. Dans
la pratique courante, ils sont suffisants pour déterminer le
degré d'obésité. L'obésité est dite modérée pour un IMC de 25 à
30, franche entre 30 et 40, sévère (ou morbide) au-delà.
L'évolution dépend de l'âge du sujet, du type d'obésité et de
son stade au moment du traitement : il est plus facile de faire
maigrir un sujet jeune dont l'obésité est de type androïde et en
phase dynamique. La surmortalité liée à l'obésité est due aux
accidents cardiovasculaires qui concernent essentiellement les
obèses de type androïde.
La résistance aux traitements amaigrissants est parfois observée;
elle peut être d'ordre biologique ou psychologique.
Après amaigrissement, les rechutes sont fréquentes, surtout si la perte
de poids a été très rapide. A long terme, seuls 30% des obèses traités
conservent un poids proche du poids souhaitable.
c) Complications
L'obésité, maladie chronique, peut entraîner, selon son
importance et son type, des désagréments d'ordre esthétique
(obésité gynoïde) et peut menacer la vie du malade en cas
d'obésité sévère ou morbide. Quel que soit le type d'obésité, un
certain nombre de complications sont à craindre : métaboliques,
mécaniques, cardiovasculaires, respiratoires, digestives,
phlébologiques, trophiques, endocriniennes et psychologiques.
L'obésité androïde est redoutable par le fait qu'elle accélère
l'évolution de l'athérosclérose. L'obésité est aussi un facteur
de morbidité en obstétrique et en chirurgie. Enfin, selon de
récentes recherches, elle favoriserait l'apparition de certains
cancers.
d) Traitement
Le traitement de l'obésité est basé sur des mesures
diététiques. Son but essentiel est de faire disparaitre les
troubles, qu'ils soient métaboliques, somatiques ou
psychologiques, et d'éviter l'apparition de complications
mortelles.
Le traitement diététique doit assurer un déficit
énergétique n'entrainant pas de carence nutritionnelle : pour
cela, il convient de diminuer les apports et éventuellemnt
d'augmenter les dépenses. Les autres moyens (médicaments et
psychothérapie) sont des mesures adjuvantes.
Le traitement médical n'existe que dans les cas d'obésité
secondaires à un trouble endocrinien. Certains médicaments
provoquent un amaigrissement rapide et important mais entraînent
des effets secondaires redoutables comme la thyroxine et les
amphétamines qui ne doivent jamais être utilisés pour traiter une
obésité essentielle. Il en est de même pour les diurétiques
puisqu'ils font perdre de l'eau et non de la graisse, et peuvent
être responsables de déshydratation et d'hypokaliémie. La
recherche expérimente actuellement de nouveaux médicaments du
comportement alimentaire, mais comme l'a malheureusement illustré
Isoméride ®, aucun jusqu'à présent ne semble inoffensif. Quant aux médicaments
qui limitent l'absorption des graisses, voir à ce sujet notre Edito...
En ce qui concerne les traitements chirurgicaux, en France, ils restent marginaux et
palliatifs (court-circuit digestif, gastroplastie). Quoique de plus en plus fréquents, on manque encore de recul pour évaluer les résultats sur le long terme des personnes ayant bénéficié de ce type d'intervention.
Pour ce qui est de la psychothérapie, elle peut être souhaitable car l'amaigrissement
est une transformation majeure qui remet en question à tous points de vue
l'image que l'ancien obèse montre aux autres et, surtout, celle qu'il a de lui-même :
c'est donc son identité tout entière qui est affectée et pas seulement sa masse
corporelle.
* Prise en charge diététique d'un patient obèse :
a) Préliminaires
Il convient tout d'abord de faire le point sur la motivation du sujet et sur ses attentes
: pour quelles raisons souhaite-t-il entreprendre un régime ? Raisons médicales,
esthétiques, sociales ? En effet, perdre du poids nécessite l'adhésion
complète et sans réserves du patient.
Ensuite, lui rappeler qu'un régime amaigrissant est une démarche de
longue haleine et que la perte de poids doit être progressive. Lui recommander,
par la même occasion, d'oublier sur le champ tout ce qu'il a entendu ou lu
à propos des régimes miracles qui peuvent s'avérer les plus farfelus et
parfois très dangereux.
On en vient alors au côté pratique : sexe, âge, taille, poids, activité physique,
permettent de fixer l'objectif à atteindre et de déterminer en combien de temps celui-ci
peut être raisonnablement atteint.
Viennent se greffer sur ces informations de base d'autres données très importantes
telles que résultats du bilan sanguin, pathologies connues et antécédents personnels
et familiaux, médication, ancienneté de l'obésité, modalités d'installation, type
d'obésité, echecs de régimes...
b) Résultats de l'enquête alimentaire
L'enquête alimentaire permet de chiffrer la ration spontanée du sujet
et de répertorier les principales erreurs alimentaires (pour une personne
n'ayant pas d'autre pathologie que l'obésité, le régime qui sert de point de comparaison
est le régime normo-énergétique équilibré. Voir à ce sujet
Abc de l'équilibre alimentaire.)
c) Buts du régime
Le régime doit permettre au sujet de perdre du poids
progressivement, sans toucher la masse musculaire et sans induire
de carence.
d) Principes du régime
En l'absence d'autre pathologie, le régime de l'obèse sera hypoénergétique et équilibré, en veillant à un apport protidique
suffisant (1g de protéines par kg de poids théorique) , en contrôlant la quantité et la qualité des glucides, en assurant
chaque jour un minimum de matières grasses d'ajout d'origine animale et végétale, pour leur apport en vitamines liposolubles
et en acides gras essentiels, tout en choisissant par ailleurs les aliments les plus pauvres
en lipides de constitution. Il comportera par ailleurs :
- l'absence d'aliments très caloriques et d'alcool;
- la prise de produits laitiers à teneur en matière grasse
normale ou réduite;
- l'augmentation de la consommation de légumes verts;
- la consommation d'eau à raison d'au moins 1,5 L / jour.
e) Education nutritionnelle
Elle doit corriger les erreurs relevées dans l'alimentation spontanée du sujet
et celles révélées lors de l'entretien. Elle vise à inculquer au patient les
règles de base de l'alimentation équilibrée et à faire la chasse aux idées
reçues qui sont sans fondement sérieux. (Voir rubrique Vrai ou Faux ?)
Dernière mise à jour : janvier 2010
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