A ne pas manquer !





 L'alimentation de la future maman

 



 

Au cours de la grossesse, la femme enceinte va dépenser beaucoup d'énergie pour assurer le développement du foetus et du placenta, ainsi que l'augmentation de la masse sanguine circulante. La prise de poids moyenne est d'environ 12,5 kilos, lesquels sont composés pour 70% par les nouveaux tissus (foetus, placenta, liquide amniotique) et l'augmentation de la masse de l'utérus, des seins, du volume sanguin, et pour 30% de réserves graisseuses se constituant surtout au 3ème trimestre. Si la future maman était très mince avant la grossesse, elle prendra probablement davantage de poids car ses réserves étaient insuffisantes au départ. En revanche, si elle était en surpoids, il est souhaitable qu'elle surveille et limite sa prise de poids car l'obésité augmente les risques d'hypertension et de diabète gestationnel.

Pour la plupart des femmes, les kilos pris pendant la grossesse sont reperdus dans les mois qui suivent l'accouchement. La perspective de prendre ces kilos indispensables ne doit pas effrayer la future maman, mais, à l'inverse, elle ne doit pas non plus s'autoriser à grossir plus que nécessaire sous prétexte que la grossesse est une période où il est normal de prendre du poids et... de se faire plaisir ! On rappellera que la formation des réserves graisseuses a pour but de pourvoir aux besoins énergétiques au cours de la grossesse et de l'allaitement, c'est pourquoi l'allaitement maternel aide à perdre du poids. De plus, l'allaitement stimule le catabolisme des graisses même lorsque l'apport énergétique est augmenté. Certains scientifiques affirment que l'allaitement serait la seule façon de perdre sa "culotte de cheval", zone graisseuse particulièrement rebelle aux régimes qui semble conçue spécifiquement pour permettre l'allaitement maternel.

Enfin, pour les femmes qui ne perdent pas spontanément les kilos pris pendant la grossesse, il va de soi qu'un régime hypoénergétique équilibré associé à une activité physique suffisante et régulière est la meilleure façon de retrouver la ligne.





Les besoins nutritionnels de base


Manger pour deux = manger deux fois plus ou manger deux fois mieux ?

Pendant le premier trimestre, il est inutile de manger davantage : on veillera simplement à manger équilibré, en prenant soin de manger suffisamment de produits laitiers (4 portions par jour : par exemple, 1 le matin, 1 le midi, 1 au goûter et 1 le soir) afin d'assurer un apport en calcium adéquat, lequel sera complété par les autres aliments de la ration, et suffisamment d'aliments riches en protéines, dont au moins la moitié d'origine animale car ces dernières contiennent tous les acides aminés essentiels ; en outre, les aliments d'origine animale sont les meilleures sources de fer et quasiment les seules sources de vitamine B12 (les algues et la levure-aliment en contiennent aussi). Au cours du 1er trimestre, la ration énergétique moyenne conseillée reste donc de 2000 kcal par jour, chiffre identique à celui conseillé pour la majorité des femmes (qui ne sont pas enceintes) en France.

Par la suite, l'apport énergétique quotidien sera augmenté pour répondre aux besoins énergétiques supplémentaires liés à la gestation :

  • on conseille donc en moyenne un apport énergétique total de l'ordre de 2200 kcal par jour pendant le second trimestre
  • et de 2500 kcal par jour pendant les trois derniers mois.
  • Il va de soi que si la future maman a une activité physique importante, l'apport énergétique sera augmenté en conséquence (jusqu'à 3200 kcal / jour).


    Les besoins protidiques

    Un apport de 10 à 20 g de protéines supplémentaires est conseillé tout au long de la grossesse, ce qui correspond à un total journalier de 70 à 80 grammes de protéines. Dans l'ensemble, les besoins protéiques sont couverts par l'alimentation habituelle. Toutefois, chez certaines femmes, il convient d'être vigilant à ce titre, en particulier dans les milieux défavorisés et chez celles qui ont une conduite alimentaire prédisposant à des apports protéiques insuffisants (jeûne, végétarisme, végétalisme, régime amaigrissant, anorexie...).
    En pratique, on consommera des viandes maigres, du poisson, des oeufs, des laitages partiellement écrémés, pour ce qui est des sources d'origine animale. Les céréales, le pain, les légumes secs et, dans une moindre mesure, les légumes verts et les fruits, complèteront cet apport.
    Remarquons au passage le double intérêt que présentent les laitages, qui apportent à la fois du calcium et des protéines de bonne qualité.

    Où trouver 80 g de protéines ?

    AlimentsQuantité de protéines en gSources
    120 g de viande ou poisson
    300 ml de lait
    60 g de fromage
    1 yaourt
    1 oeuf
    150 g de pain
    220 g de féculents
    300 g de légumes verts
    300 g de fruits
    23
    10,5
    15
    3,5
    6,5
    10,5
    6,5
    4,5
    1,5
    |
    |
    | protéines
    | d'origine animale
    |_______________
    |
    | protéines
    | d'origine végétale
    |


    Les besoins glucidiques

    Le glucose représente la source d'energie essentielle du foetus. Au cours de la grossesse, le métabolisme glucidique est modifié : pendant les deux premiers trimestre, la future maman va avoir une production d'insuline accrue (hyperinsulinisme) afin de favoriser la constitution des réserves graisseuses. En revanche, au troisième trimestre apparaît une insulinorésistance permettant de rendre disponible le glucose pour le foetus, au moment où il en a le plus besoin. Pendant cette période, la femme enceinte va puiser son énergie dans ses réserves graisseuses.

    L'apport glucidique sera peu augmenté. De 250 à 275 g par jour en début de grossesse, il pourra atteindre un maximum de 350 g par jour en fin de grossesse.
    C'est bien sûr avant tout les féculents, le pain, mais aussi les fruits et légumes qui vont contribuer à cette augmentation progressive. Il est tout à fait déconseillé d'augmenter la quantité d'aliments riches en sucres "rapides", tels que le sucre de table (saccharose), les bonbons, le miel, la confiture, les desserts et boissons sucrés. En effet, non seulement cela risque d'entraîner une prise de poids excessive mais de plus, une surconsommation de ces produits provoque une hyperglycémie maternelle et foetale : une bonne répartition de l'apport glucidique sur la journée est donc, dans tous les cas, vivement recommandée notamment par la présence à chaque repas de féculents (pommes de terre, pâtes, riz, etc., lesquels seront pris en quantité contrôlée si la future maman est en surpoids mais ne seront en aucun cas supprimés), mais aussi par la présence d'aliments riches en fibres alimentaires végétales (céréales complètes sans excès car l'acide phytique qu'elles contiennent gêne l'absorption du calcium, et surtout légumes et fruits), également à chaque repas. En effet, les fibres ralentissent l'absorption intestinale des sucres, modérant ainsi les fluctuations de la glycémie. De plus, elles permettent de lutter efficacement contre la constipation.

    L'intérêt d'un petit déjeuner glucidique doit être rappelé : en effet, le jeûne est mal supporté pendant la grossesse. Le simple fait de sauter le petit déjeuner lorsqu'on est enceinte entraîne des perturbations métaboliques (hypoglycémie, augmentation des corps cétoniques et des acides gras libres circulants) identiques à celles observables après un jeûne d'une semaine chez une femme non enceinte !
    On voit donc l'importance de ne pas prolonger le jeûne nocturne, en prenant un petit déjeuner qui comportera 40 à 50 g d'amidon, soit 80 g de pain ou 6 biscottes ou 60 g de céréales, sans oublier pour autant les autres aliments qui participent à l'équilibre du petit déjeuner : boisson, laitage, fruit, matière grasse...


    Les besoins lipidiques

    Les lipides jouent un rôle important à de nombreux égards : intégrité de la peau et du système nerveux, fluidité des membranes cellulaires, synthèse hormonale, absorption des vitamines liposolubles,... Etant indispensables au développement cérébral du foetus, ils ne doivent pas être négligés. Il n'est généralement pas utile d'augmenter l'apport lipidique, les habitudes alimentaires françaises étant plutôt au-dessus des apports souhaitables en lipides, sauf chez certaines femmes soumises à un régime amaigrissant. On évitera ainsi, là encore, une prise de poids excessive et l'aggravation des troubles du métabolisme lipidique (hypertriglycéridémie, hypercholestérolémie), physiologiques en fin de grossesse. La future maman veillera à diversifier ses sources alimentaires de lipides (origine animale et végétale), en s'abstenant de consommer trop de produits riches en lipides "cachés" comme la charcuterie, les viandes grasses, le chocolat, etc.
    Les poissons gras seront les bienvenus dans l'alimentation de la future maman car ils sont une source d'acide docosahexaénoïque (DHA), favorable au bon développement foetal.

  • 25 à 30 g de beurre cru
  • 500 ml de lait demi-écrémé
  • 20 à 25 g d'huile végétale de différentes sortes (olive, maïs, soja, tournesol, noix...)
  • et 150 g de viande maigre ou poisson
  • ... suffisent à couvrir les besoins lipidiques de la future maman et du foetus.


    Les besoins en vitamines

    Une alimentation suffisante, diversifiée et équilibrée suffira à couvrir les besoins en vitamines, qui sont accrus dans leur ensemble au cours de la gestation.
    On portera une attention spécifique à l'acide folique (vitamine B9) dont les besoins sont particulièrement augmentés au cours de la gestation et dont la carence est à l'origine de malformations foetales, de retard de croissance intra-utérine et de prématurité, les folates étant en effet indispensables à la synthèse nucléique.
    Une consommation quotidienne de crudités (légumes verts, salades vertes, fruits...) est essentielle à cet égard. Les fromages fermentés, le foie, le jaune d'oeuf, les légumes secs, les céréales complètes ainsi que les graines oléagineuses en sont également de bonnes sources.

    Une autre vitamine peut poser problème : il s'agit de la vitamine D dont les besoins sont très augmentés lors du troisième trimestre, surtout pendant l'hiver et au début du printemps, même dans les zones ensoleillées. Une supplémentation systématique en vitamine D est donc indiquée pendant la grossesse.


    Les besoins en minéraux

    Là aussi, une nourriture variée et suffisante permet de couvrir la plupart des besoins en minéraux. Certains minéraux sont toutefois à surveiller car on observe de fréquentes déficiences :

  • le fer, dont les besoins passent de 16 mg par jour à 25 mg par jour, et davantage en cas de grossesses multiples ou rapprochées, d'anémie, de grossesse chez l'adolescente ou chez la femme évoluant dans un milieu défavorisé, ainsi qu'en cas de régime végétarien ou végétalien. Dans ces derniers cas, une supplémentation en fer sera mise en oeuvre.
    Soulignons le fait que la majorité des femmes en âge de procréer a des réserves de fer faibles ou inexistantes et que 10 à 30% des femmes enceintes sont anémiées... Or l'anémie ferriprive augmente les risques d'hypotrophie foetale et de prématurité et est un facteur de risque pour la mère en cas d'hémorragie importante lors de la délivrance. Il n'est pas inutile de rappeler que le fer est mieux absorbé lorsqu'on consomme, au même repas, un aliment riche en vitamine C comme les agrumes ou le kiwi (qui est d'ailleurs également riche en fer !).

  • Où trouver 25 mg de fer ?

    AlimentsQuantité de fer en mg
    150 g de viande ou de poisson
    ou 100 g de foie de boeuf
    500 ml de lait demi-écrémé
    60 g de fromage
    2 oeufs
    100 g de pain blanc
    50 g de pain complet
    220 g de féculents
    500 g de légumes verts
    300 g de fruits frais (en moyenne)
    ou 1/2 kiwi !
    30 g de pruneaux, raisins secs ou figues sèches
    10 g de chocolat au lait
    20 g d'amandes, noix, noisettes, etc.
    7,5

    0,5
    1,8
    2,8
    1
    1,1
    1,4
    5
    1,8

    0,9
    0,4
    0,6

  • et le calcium, dont les besoins passent de 900 mg par jour à plus de 1000 mg par jour.
    Outre le rôle évident qu'il joue dans la minéralisation osseuse, le calcium prend part également à la prévention de l'hypertension artérielle gravidique, surtout chez l'adolescente et chez la femme dont les apports calciques spontanés sont habituellement faibles. Par ailleurs, la richesse de l'alimentation en calcium au cours de la grossesse est corrélée à la concentration calcique du lait maternel. Enfin, il semble qu'un apport en calcium suffisant permette de réduire les risques de dépression du post-partum (le "baby blues"). En pratique, une ration de 500 ml de lait + 30 g d'emmental + 2 yaourts, apporte 1200 mg de calcium. Les fruits et légumes, les féculents et l'eau de boisson complètent cet apport.

  • En ce qui concerne le sodium, il est inutile, voire dangereux, de suivre un régime sans sel au cours de la grossesse, sauf cas particulier en relation avec une pathologie.
    En revanche, la future maman évitera d'abuser des aliments très riches en sel et s'efforcera de ne pas resaler les aliments à table, pour éviter d'accroître la rétention d'eau qui est un phénomène normal durant la gestation mais qui peut être gênant, surtout les derniers mois, où l'on se sent déjà assez lourde et gonflée comme ça !



    Les désagréments qui peuvent survenir au cours de la grossesse


  • Nausées
  • Quelques conseils simples pour y remédier :
    - Eviter de faire des repas trop copieux mais également d'avoir le ventre vide, notamment en sautant le petit déjeuner ! Prendre son petit déjeuner au lit permet de commencer la journée d'une manière agréable et de diminuer les nausées matinales.
    - L'idéal est de fractionner l'alimentation dans la journée, sans se laisser aller au grignotage incessant et sans compromettre l'équilibre alimentaire sur la journée : selon la gêne occasionnée par les nausées, les repas seront plus légers et plus fréquents.
    - Eviter les plats lourds, gras, longs à digérer, ainsi que les aliments ayant une odeur forte. Choisir au contraire des plats légers, simples et digestes.
    - Boire un peu d'eau gazeuse pour apaiser l'estomac.

  • Fringales et envies
  • Vous faire plaisir, une ou deux fois dans la semaine, sans vous livrer à des agapes pantagrueliques ne perturbera pas le bon déroulement de votre grossesse. En revanche, si ces envies sont déraisonnables en qualité et/ou en quantité et surviennent plusieurs fois par jour, elles risquent d'entraîner une prise de poids excessive et de vous couper l'appétit au moment des repas principaux, ce qui est la porte ouverte au déséquilibre alimentaire donc à la survenue de carences. Pour limiter la fréquence et l'intensité de ces envies, il est bon de prévoir une collation plutôt que d'attendre d'avoir très faim et de "craquer" sur n'importe quel aliment tentateur ! Une collation équilibrée sera la bienvenue pour maintenir stable votre glycémie : fruit, pain ou céréales et laitage forment par exemple un excellent trio, riche en fibres et source de sucres lents.
    Comme le dit à juste titre la sagesse populaire, "le sucre appelle le sucre". Effectivement, lorsqu'on consomme des sucreries, après une sensation éphémère d'énergie et de bien-être, la glycémie chute rapidement et l'on a de nouveau besoin de sucre... Pour éviter d'entretenir ce cercle vicieux, il est donc conseillé de s'abstenir de consommer des aliments riches en "sucres rapides", surtout pris isolément, c'est-à-dire en dehors des repas.
    Pensez aussi à boire entre les repas, de l'eau bien sûr, mais aussi des infusions (et du café et thé légers, avec modération), si vous n'appréciez pas l'eau plate.

  • Dégoûts alimentaires
  • Il arrive que la future maman ne puisse tout à coup plus supporter tel ou tel aliment. Si cet aliment est important pour l'équilibre alimentaire, il faut alors le remplacer par un autre, équivalent.
    - 100 grammes de viande peuvent être remplacés par 100 g de n'importe quelle autre viande, par 2 oeufs ou par 100 grammes de poisson. On pourra également faire une équivalence protidique avec un demi-litre de lait ou encore 60 grammes de gruyère ;
    - Les légumes peuvent être remplacés par d'autres légumes ou si nécessaire par des fruits, en se souvenant cependant que les fruits sont plus sucrés que les légumes ;
    - En cas de dégoût du lait, il sera remplacé par des laitages (yaourts, fromage blanc, fromages) ou intégré dans des préparations (entremets, béchamel, purée,...). Eventuellement, des produits à base de "lait de soja" enrichis en calcium pourront être utilisés.
  • Brûlures d'estomac et reflux gastro-oesophagien
  • Ils sont fréquents au cours du troisième trimestre car l'enfant exerce une pression sur l'estomac.
    - On évitera de consommer des aliments qui fermentent, comme les choux, et des aliments acides (oseille, tomate cuite, vinaigre, citron) ainsi que les épices forts, l'alcool, le thé et le café.
    - Débuter le repas avec un aliment qui absorbe l'excès d'acidité : préparation à base de lait et d'oeufs, féculents.
    - Les aliments neutres, à goût fade, seront les mieux tolérés. On évitera les aliments difficiles à digérer, notamment ceux qui sont très fibreux comme les poireaux, les radis, les asperges, les légumes secs...
    - Les brûlures d'estomac sont plus intenses sur un estomac vide : on retrouve une fois de plus l'intérêt de fractionner les repas. Attention à la consommation d'eau gazeuse dans le but d'apaiser les brûlures d'estomac : si le soulagement est immédiat, en revanche elle renforce l'hyperacidité gastrique, ravivant donc les douleurs. Une gorgée d'eau plate ou de lait seront plus appropriées.
    - Il est recommandé de ne pas s'allonger juste après un repas afin de ne pas favoriser le reflux.
  • Constipation
  • Le ralentissement du transit intestinal au cours de la grossesse est un phénomène normal. Pour en éviter les désagréments, il importe de :
    - boire au moins un litre et demi par jour, sous forme d'eau, de tisane, de lait, de jus de fruits ou de légumes... ;
    - manger tous les jours des aliments riches en fibres (céréales, légumes secs, pain complet, légumes et fruits) ;
    - prendre suffisamment d'exercice chaque jour : un peu de marche à pied, de natation, de gymnastique douce stimuleront la motricité intestinale, tout en entretenant votre musculature;
    - en cas de besoin, prendre un verre d'eau froide (ou une orange pressée) le matin à jeûn, et quelques pruneaux.


    Quelques précautions à prendre


  • Maladies infectieuses et parasitaires d'origine alimentaire
  • La toxoplasmose est une maladie transmise par un parasite, Toxoplasma gondii, dont le chat est un hôte privilégié, parasite qui peut contaminer la terre, l'eau, les légumes et les herbivores. L'homme peut être infecté par contact direct avec les chats, mais aussi en mangeant une viande mal cuite ou des crudités mal lavées. La toxoplasmose, lorsqu'on la contracte au cours de la grossesse, a des conséquences graves sur le foetus (mort de celui-ci in utero, avortement, lésions neurologiques, cécité). Les risques les plus importants pour le foetus sont entre la 10ème et la 24ème semaine d'aménorrhée. En début de grossesse, un test sérologique permet de savoir si l'on est immunisée ou non. 30 à 40% des femmes enceintes ne sont pas immunisées et doivent donc prendre quelques mesures de précaution :

    - manger la viande bien cuite, donc renoncer provisoirement à la viande saignante, aux steaks tartares, à la fondue bourguignonne, aux brochettes et tout autre mode de préparation ne saisissant la viande que superficiellement ;
    - laver, éplucher et rincer abondamment les fruits et légumes qui seront consommés crus, ainsi que les herbes aromatiques ;
    - se laver les mains soigneusement après avoir touché de la viande crue et après avoir été en contact avec un chat ou tout ce qui a pu être contaminé par ses excréments (litière...). (En matière de chat, se laver les mains n'est pas une précaution suffisante et il est impératif d'éviter tout contact);
    - jardiner en portant des gants et se laver les mains après.

    La listériose est due à une bactérie, Listeria monocytogenes, présente dans la terre, dans l'eau et sur les végétaux. Cette bactérie survit très bien au froid et se multipliera dans votre réfrigérateur s'il n'est pas nettoyé régulièrement (deux fois par mois, en désinfectant ensuite avec de l'eau de javel et en rinçant). L'homme attrape la listériose en mangeant un aliment contaminé. La listériose est une maladie grave pendant la grossesse, généralement bénigne pour la mère, mais pouvant provoquer un avortement, un accouchement prématuré ou contaminer l'enfant in utero ou lors de l'accouchement, entraînant sa mort dans les jours qui suivent.
    Les mesures préventives sont les suivantes :

    - s'abstenir de consommer certains aliments crus (poisson fumé, surimi, tarama, coquillages) ;
    - éviter le lait cru et les fromages au lait cru (les choisir pasteurisés, UHT, ou stérilisés) ;
    - ne pas consommer la croûte des fromages ;
    - éviter les graines germées ;
    - bien laver les légumes crus et les herbes aromatiques ;
    - cuire les aliments crus d'origine animale (la viande hachée sera cuite à coeur) ;
    - éviter de consommer certains produits de charcuterie tels que rillettes, patés, foie gras, produits en gelée ;
    - acheter du jambon préemballé plutôt qu'à la coupe ;
    - conserver les aliments crus séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés ;
    - se laver les mains après avoir manipulé des aliments crus et nettoyer les ustensiles de cuisine utilisés ;
    - conserver les restes alimentaires et plats cuisinés à couvert et bien les réchauffer avant de les consommer ;
    - et penser à nettoyer son réfrigérateur ainsi qu'il a été expliqué précédemment.

  • L'alcool, le tabac et le café
  • L'alcool et le tabac sont fortement déconseillés pendant la grossesse : ils risquent en effet de perturber le bon développement de l'enfant.
    Même en quantité modérée, la consommation d'alcool et le tabagisme favorisent la prématurité et l'hypotrophie. Cet effet semble lié à la quantité consommée et, en ce qui concerne l'alcool, augmente significativement dès deux verres de vin par jour. L'alcool, qui est un toxique, traverse la barrière placentaire où il altère en outre les systèmes enzymatiques de la croissance foetale. Le tabac, pour sa part, entrave l'absorption de l'acide folique (vitamine B9), des vitamines B12 et C et du zinc, à un moment où ces nutriments sont très importants. Il est donc recommandé de s'abstenir de consommer de l'alcool, ou de n'en consommer que de manière très occasionnelle et en faible quantité (1 verre de vin par jour) et de s'abstenir de fumer pendant la grossesse (et continuer sur sa lancée par la suite).

    Le café et le thé, du fait qu'ils contiennent de la caféine, ne doivent pas être pris en trop grande quantité (ne pas dépasser six tasses par jour semble sage). La femme enceinte étant d'ailleurs davantage sensible à l'effet de la caféine sur le sommeil et le rythme cardiaque, elle réduit généralement d'elle-même sa consommation. Pour les inconditionnelles du café ou du thé, il est donc prudent de les préparer légers, c'est-à-dire bien dilués et, pour le thé, infusé longuement


    Les cas particuliers


  • Grossesse et obésité
  • Il importe de rappeler que l'obésité débute souvent, chez la femme, au cours de la grossesse : la prise de poids est excessive et le surpoids persiste après l'accouchement. C'est pourquoi le poids de la femme enceinte doit être contrôlé afin de "redresser le tir" grâce à des conseils diététiques si la prise de poids est trop importante.
    Par ailleurs, lorsque la gestante est déjà obèse au moment où débute la grossesse, il existe certains risques pour la mère et pour l'enfant, qui expliquent que l'on porte à ce problème une attention particulière.
    Si la future maman n'a que quelques kilos de trop au début de la grossesse, il lui suffira d'être vigilante et de suivre les conseils qui précèdent pour limiter la prise de poids au cours de la grossesse. Les conseils du médecin, de l'obstétricien ou du diététicien seront utiles pour bien comprendre et appliquer les principes diététiques à respecter. En effet, cette période n'est pas la plus propice pour démarrer un régime amaigrissant : mieux vaut attendre que bébé soit là ou la fin de l'allaitement, le cas échéant.
    Néanmoins, si le surpoids est important, il peut être nécessaire pour la future maman de suivre un régime. Ce régime ne sera jamais auto-prescrit afin d'éviter les erreurs alimentaires préjudiciables à la santé de la mère comme de l'enfant. Si vous êtes concernée, votre médecin et, éventuellement un(e) diététicien(ne) doivent être consultés avant d'entreprendre tout régime. C'est avant la grossesse qu'il est recommandé pour la femme qui désire concevoir un enfant de suivre un régime amaigrissant.
    Ne commencez jamais un régime de vous-même lorsque vous êtes enceinte.

    - L'apport énergétique sera généralement situé autour de 1800 à 2000 Calories par jour. Il pourra être inférieur si l'obésité est importante, mais on évitera de descendre en dessous de 1600 Calories par jour. S'il était nécessaire de limiter davantage l'apport énergétique, cela ne saurait être fait que sous contrôle médical rigoureux.
    - L'alimentation sera équilibrée et devra fournir tous les nutriments indispensables au développement de l'enfant. Si cela est impossible, certaines supplémentations médicamenteuses pourront être mises en place par le médecin.

  • Grossesse et diabète insulino-dépendant
  • Si la femme enceinte était déjà diabétique insulino-dépendante avant la grossesse, il est toujours souhaitable que la grossesse ait été programmée, afin qu'elle intervienne à un moment où la glycémie est bien équilibrée et qu'aient été traitées avant la grossesse certaines complications du diabète telles que rétinopathie ou néphropathie si elles existent.
    On notera que les hypoglycémies sont fréquentes au cours du 1er trimestre et que les besoins en insuline augmentent dès la 17ème semaine d'aménorrhée. Ils diminueront brutalement d'environ 50% après l'accouchement pour revenir dans les deux jours qui suivent la délivrance aux besoins en insuline qui existaient avant le début de la grossesse.

    - La future maman fera particulièrement attention à fractionner son alimentation sur la journée, en 3 repas principaux et 3 collations, en veillant à bien répartir l'apport glucidique sur l'ensemble des différents repas.
    - Elle évitera plus que jamais la consommation d'aliments riches en sucres rapides (bonbons, boissons sucrées et sucreries), surtout en dehors des repas, afin de ne pas déséquilibrer sa glycémie.

    Il est essentiel de respecter le régime du mieux possible et de procéder à des auto-contrôles de la glycémie (6 fois par jour). La cétonurie sera également surveillée.
    Les complications pendant la grossesse, pour la mère et/ou l'enfant, sont plus fréquentes en cas de diabète : la future maman doit donc être bien encadrée par l'équipe thérapeutique qui la prend en charge et être motivée pour accepter et appliquer les conseils qui lui sont donnés.

  • Grossesse et diabète non insulino-dépendant
  • Si la femme enceinte était diabétique non insulino-dépendante avant la grossesse, il est indispensable d'instaurer une insulinothérapie afin d'obtenir le meilleur équilibre glycémique possible. Il est donc souhaitable que la grossesse ait été prévue, afin que la future maman ait le temps d'être informée des modalités du traitement par l'insuline et des auto-contrôles de la glycémie, auxquels elle n'est pas habituée.
    Les règles diététiques importantes à respecter sont les mêmes que dans le cadre du diabète insulino-dépendant. Si la future maman est obèse, elle devra contrôler particulièrement son alimentation afin de ne pas prendre davantage de poids, surtout compte tenu de l'effet lipogénétique (= favorise la fabrication des réserves graisseuses) de l'insuline .
    Après la naissance de bébé, l'insulinothérapie est interrompue et on reprend le traitement suivi avant la grossesse, à savoir traitement diététique associé si nécessaire aux hypoglycémiants actifs par voie orale, sauf si la jeune maman allaite car les hypoglycémiants actifs par voie orale sont une contre-indication à l'allaitement maternel. .

  • Diabète gestationnel
  • Le diabète gestationnel est un diabète déclenché par la grossesse. Il survient généralement à partir de la 24ème semaine d'aménorrhée si le terrain génétique y est favorable. Le plus souvent, ce diabète disparaît avec la cause qui l'a déclenché mais il peut aussi persister après l'accouchement. Si un diabète apparaît dès le premier trimestre, il existait vraisemblablement déjà auparavant, mais n'était pas connu.
    Tout diabète gestationnel étant à la fois récent et traité immédiatement, les complications sont moins importantes que dans le cadre d'un diabète évoluant depuis plusieurs années.
    L'OMS préconise un dépistage systématique du diabète gestationnel à partir de la 26ème semaine d'aménorrhée, mais ce dépistage peut également être effectué plus tôt si la femme présente un terrain à risque (obésité, antécédents familiaux de diabète non insulinodépendant, glycosurie, enfants de poids élevé lors d'accouchements antérieurs) :

    - on mesure la glycémie de la femme au temps zéro ;
    - la femme ingère alors 50 grammes de glucose ;
    - une nouvelle mesure de la glycémie est réalisée une heure plus tard.
    Si les résultats de ce test montrent une glycémie supérieure à 7,5 mmol/l, un second contrôle est effectué, par hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO).
  • Comment traite-t-on un diabète gestationnel ?
    Le but du traitement est de normaliser la glycémie : pour ce faire, on met en oeuvre un régime équilibré, hypoénergétique si la femme est obèse, réparti en 6 prises alimentaires par jour, en surveillant la glycémie à jeûn et les glycémies post-prandiales (= relevées après les repas) une fois par semaine. Ce contrôle permet de passer au traitement par l'insuline sans délai si cela s'avère nécessaire.
    Dans certains cas, l'insulinothérapie doit être entreprise d'emblée, par exemple, si la glycémie est trop élevée ou si la femme présente certains facteurs de risque.
    L'insulinothérapie est arrêtée après la naissance de bébé. En plus du suivi médical habituel, la femme enceinte sera suivie par un diabétologue jusqu'au terme de la grossesse.

  • Grossesse chez l'adolescente.
  • L'adolescente enceinte doit subvenir à la fois à ses besoins énergétiques qui sont d'autant plus élevés que sa croissance n'est pas achevée, et à ceux liés au développement foetal. Ses réserves en fer sont souvent insuffisantes et l'anémie est très fréquente chez l'adolescente enceinte : une supplémentation en fer est donc recommandée, outre la supplémentation habituelle en vitamine D. De même, le risque de carence en acide folique étant élevé chez la jeune fille enceinte, il est justifié de supplémenter également en folates en plus d'une alimentation équilibrée incluant suffisamment de crudités.
    En ce qui concerne l'apport calcique, il ne devra pas être inférieur à 1200 mg par jour de façon à préserver le statut osseux de la jeune fille. Cet apport calcique sera assuré par la consommation de 4 portions de laitage par jour. En outre, un apport calcique correct contribue à prévenir l'apparition de l'hypertension artérielle, plus élevée chez les adolescentes enceintes que chez les femmes enceintes plus âgées.
    Enfin, pour limiter les risques d'hypotrophie foetale et de prématurité, il importe que la jeune fille prenne suffisamment de poids : la prise de poids conseillée est d'environ 15 à 16 kilos, ce qui n'est pas toujours facile à accepter si l'adolescente attache beaucoup d'importance à sa silhouette. Il est capital que la jeune fille comprenne et accepte la nécessité de cette prise de poids.

  • Grossesse et végétarisme / végétalisme.
  • Parce qu'il existe de nombreuses variantes du régime végétarien, il importe de savoir précisément quels sont les aliments exclus de l'alimentation de la femme enceinte pour être en mesure de corriger les carences éventuelles.

    - Si le régime exclut la viande mais permet la consommation du poisson, des oeufs et des laitages, le régime ne posera pas de problème particulier : on veillera simplement à ce que les conseils diététiques généraux proposés à toutes les femmes enceintes soient appliqués.
    - Si le régime exclut la viande et le poisson mais permet la consommation des oeufs et des laitages (régime ovo-lacto-végétarien), il est là encore possible d'avoir une alimentation équilibrée et sans carence, à l'exception du fer qui devra être apporté en supplémentation. Puisque la femme enceinte ne consomme pas de poisson, elle devra consommer des huiles végétales riches en acides gras poly-insaturés (huiles de noix, de soja, de colza) qui apporteront les acides gras essentiels. De plus, il faudra veiller à ce que l'apport protéique soit suffisant et de bonne qualité, en augmentant la quantité de laitages et d'oeufs consommés, et en jouant sur la complémentarité des protéines végétales pour couvrir les besoins en tous les acides aminés essentiels.
    - Si tous les aliments d'origine animale sont exclus (végétalisme), le risque de carences existe pour de nombreux nutriments (acides aminés, vitamine B12, calcium, zinc, fer...), menaçant la santé du bébé. Il est alors indispensable de mettre en place une supplémentation médicamenteuse adaptée, tout en choisissant et en associant les différents aliments acceptés de façon à en tirer le meilleur parti nutrititionnel. Le médecin et le diététicien seront des interlocuteurs importants pour y parvenir.

     

    Dernière révision : avril 2002

    Retour en haut de la page

    Retour page d'accueil - La diététique en question

     



    Membre de Click-FR®, Réseau francophone Paie-Par-Click