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E=mc2, considéré d'un point de vue diététique.
Masse et énergie sont deux expressions d'une même chose : toute masse peut être convertie en énergie, et toute énergie être convertie en masse. Voilà, résumé par le génie d'Einstein en une toute petite et simple formule qui vient de fêter son centenaire, pourquoi la diététique ne s'intéresse pas seulement à l'alimentation mais également à l'activité physique, toutes deux étant en rapport direct avec la masse et l'énergie.
Pour tous ceux qui n'ont pas la bosse des maths et de la physique (hormis la bosse occasionnée par le fait que ces disciplines les assomment !), voyons un exemple pratique de la manière dont l'équivalence entre masse et énergie, connue avant Einstein mais nettement moins populaire (car si tout le monde n'est pas capable de citer de mémoire une formule de thermodynamique newtonienne, en revanche la formule E=mc2 est connue de tous !), s'applique en réalité à tout ce que nous vivons au quotidien et, en particulier, à la matière qui nous intéresse, la diététique.
Lorsque nous mangeons, les aliments que nous ingérons nous apportent de l'énergie. Cette énergie est mesurée en Calories (ou kilocalories) ou en kilojoules. Nous sommes tous relativement familiarisés avec cette notion de Calories (et pour ceux qui ne le seraient pas encore, voir les articles consacrés aux dépenses énergétiques et au métabolisme de base en cliquant ici), donc nous voici promus au titre de physiciens en herbe sans que nous l'ayons même soupçonné ! Cela nous permet de comprendre que si nous mangeons 1 kilo de concombre à 11 Calories aux 100 g, ou 1 kilo de tarama à 547 Calories aux 100 g, lorsque nous aurons achevé la digestion de cette masse de nourriture, le kilo de concombre nous aura fourni 110 Calories tandis que le kilo de tarama nous en aura apporté 5470 : pour une même quantité de nourriture, la quantité d'énergie calorifique contenue par des aliments différents peut être très variable. Un tout petit peu de nourriture peut nous apporter beaucoup d'énergie, comme c'est le cas du tarama (dont une bonne cuillerée à soupe apporte autant d'énergie qu'un steak), et inversement, une grande quantité de nourriture peut nous apporter très peu d'énergie, comme le concombre (il faudrait manger environ 3 concombres pour ingérer la quantité d'énergie apportée par un steak !).
Si vous vous pesez juste après cette prise alimentaire, vous constaterez que votre poids corporel a augmenté d'un kilo, qui est le poids de la nourriture qui vient d'être avalée. Mais ce kilo de plus affiché sur le pèse-personne ne fait pas partie de votre masse à vous, en fait c'est comme si sur la balance, il y avait vous et un kilo de nourriture que vous tenez dans votre... estomac. Ce n'est qu'une fois la digestion de cette nourriture terminée, une fois que les nutriments contenus dans le concombre, le tarama ou le steak auront été assimilés par votre organisme, l'eau filtrée par les reins et évacuée par les urines, et les résidus alimentaires rejetés lors de l'évacuation des selles, que l'on pourra lire l'impact de l'apport énergétique de cette prise alimentaire sur votre masse. En supposant que vous n'ayez pas été victime d'une indigestion, on constatera alors que le concombre, même si on en abuse, ne favorise pas la prise de poids grâce à sa faible densité énergétique, tandis qu'à l'inverse, le tarama, qui est un aliment à haute densité énergétique, peut favoriser la prise de poids si l'on en consomme plus que de raison, puisqu'il fournit aisément beaucoup d'énergie (surtout si on le consomme sur des blinis et accompagné d'alcool !).
Mais qu'est-ce que l'amaigrissement ? Eh bien c'est une dépense d'énergie qui se traduit et se mesure par une perte de poids.
Au contraire, la prise de poids, est un accroissement de notre masse donc de notre potentiel d'énergie, qu'il s'agisse d'une prise de masse maigre (muscle) ou de masse grasse (triglycérides remplissant les cellules graisseuses).
Le fait que l'énergie soit proportionnelle à la masse peut sembler un peu abstrait au début... mais si on l'illustre avec un exemple, vous allez très vite réaliser combien les deux sont liées ! Considérez un enfant en train de faire du roller. Il prend un peu d'élan dans une rue en pente et vous appelle à l'aide pour s'arrêter ; vous vous placez pile sur sa trajectoire et ouvrez les bras. Paf ! il s'écrase contre vous sans le moindre heurt. Imaginez à présent une masse beaucoup plus élevée en mouvement (= énergie cinétique), comme par exemple, un rhinocéros énervé, qui charge droit sur vous à une vitesse identique à celle de l'enfant en rollers. Cette fois-ci, vous prenez plutôt la poudre d'escampette parce que, que vous ayez été un bon ou un mauvais élève en sciences physiques, vous en savez assez sur la relation entre la masse et l'énergie, pour comprendre que plus la masse d'un corps est élevée et plus son énergie en mouvement est importante (d'où l'importance d'une masse imposante pour un althérophile, un lanceur de marteau ou encore un sumo) !
Par rapport au problème du surpoids, d'une façon très simplifiée, nous voyons qu'une personne en surpoids dispose en fait d'une réserve d'énergie importante ; c'est cela dont sa masse témoigne. C'est pourquoi le but d'un régime alimentaire à visée amaigrissante, est essentiellement d'apporter avec tout le confort et le plaisir possible, moins d'énergie que ce que cette personne dépense (ce qui ne veut pas dire "moins d'énergie", tout court), afin de lui permettre de puiser dans sa réserve d'énergie, stockée sous forme de graisse dans le tissu adipeux, de telle sorte qu'au fur et à mesure qu'elle utilise ce stock d'énergie, sa masse décroît proportionnellement.
Notre masse grasse est, par conséquent, un excellent témoin de l'adéquation ou de l'inadéquation entre, d'une part, les apports énergétiques qui proviennent de ce que nous mangeons et, d'autre part, les activités pour la réalisation desquelles nous dépensons de l'énergie, qu'il s'agisse d'activités professionnelles, sportives, artistiques, sociales, ménagères...
Il en résulte que tout déséquilibre passé ou présent dans le bilan énergétique en faveur des entrées/apports et au détriment des sorties/dépenses, ne doit pas conduire exclusivement à envisager la réduction de la ration calorique (manger moins calorique = diminuer les entrées), mais bien plutôt un rééquilibrage qui tiendra compte du stock, des entrées et des sorties, conduisant à savoir également envisager de bouger davantage (= augmenter les dépenses énergétiques).
Et bien entendu, si tant est qu'il soit bienvenu de manger une ration moins énergétique, cela ne sera jamais synonyme de "manger moins" mais de "faire des choix alimentaires plus judicieux", ainsi que nous l'avons vu en évoquant les quantités d'énergie tout à fait disparates que peuvent nous fournir des aliments différents (tels que le concombre et le tarama) consommés en quantité identique.
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