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Le point sur notre consommation d'aspartame
L'aspartame revient à la une de l'actualité ces derniers jours suite à la publication d'une étude italienne ayant conclu à l'effet
cancerogène de l'aspartame chez le rat à des doses proches de la dose journalière admissible (DJA) chez l'homme.
Bien que cette étude ait encore besoin d'être confirmée, l'inquiétude a saisi l'ensemble des consommateurs habituels
de produits alimentaires et boissons light. L'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), qui avait rendu en mai 2002 un
avis concernant l'absence de relation entre consommation d'aspartame et tumeurs du cerveau (absence de relation confirmée par l'étude italienne), a précisé avoir besoin de
davantage d'informations avant de faire éventuellement réévaluer cette Dose Journalière Admissible.
La DJA pour l'aspartame en France est actuellement de 40 mg par kg et par jour, soit pour une personne de 70 kilos, 40x70 = 2800 mg, c'est-à-dire 2,8 g d'aspartame maximum par jour.
Les enfants et les sujets diabétiques sont les personnes les plus à risque d'atteindre ou dépasser cette DJA.
Pour ingérer 2,8 g d'aspartame en une journée, il faudrait boire par exemple 14 cannettes de soda light (soit un peu plus de 4,5 litres) ou manger 93 yaourts édulcorés à l'aspartame. Cela fait tout de même beaucoup.
Ainsi, un rapport réalisé en 2001 sur la consommation d'additifs en Europe a montré que l'ensemble de la population demeure loin d'atteindre la DJA recommandée pour l'aspartame,
les plus grands consommateurs dépassant à peine la moitié de cette dose maximale (21,3 mg par kg et par jour). [1]
L'aspartame et les autres édulcorants intenses (saccharine, cyclamate, acésulfame de potassium,...) ne sont pas des produits naturels. Il est donc normal de se poser la question de leur juste présence dans notre ration alimentaire. Sont-ils utiles ? Sont-ils un leurre ? Peut-on s'en passer ? Devons-nous réévaluer nos habitudes alimentaires par rapport aux produits édulcorés ? Ce n'est pas la nouvelle remise en cause de l'innocuité de l'aspartame qui doit nous inviter à repenser nos récentes habitudes concernant les produits contenant des édulcorants intenses mais bien plus l'expansion considérable de ces produits qui illustre leur banalisation : ils étaient censés nous rendre un service ponctuel, or ils sont désormais présents au quotidien et ce glissement n'est pas anodin.
L'aspartame peut être un auxiliaire culinaire intéressant dans certains cas, mais tout professionnel de la nutrition évite d'en encourager la consommation. Pourquoi ?
Parce qu'il est préférable de ne pas entretenir et renforcer le "goût pour le sucré" chez une personne qui est prédisposée à l'obésité ou
diabétique. Le goût s'éduque et le plaisir de déguster tel ou tel aliment, telle ou telle saveur, varie selon nos habitudes, la fréquence de
consommation, et jusqu'à l'idée que nous nous faisons de ce que nous mangeons.
Après mûre réflexion et, souvent, un parcours semé de problèmes de poids, beaucoup de gens finissent par s'interroger sur l'intérêt
de manger du vide, du faux.
Force est de constater que remplacer le sucre par de l'édulcorant ne fait pas maigrir et n'empêche pas la population des pays post-industrialisés de continuer à grossir de manière alarmante.
Ce simple constat, réalisé depuis la fin du siècle dernier n'a pourtant pas infléchi la tendance puisque le nombre de produits alimentaires
intégrant de l'édulcorant de synthèse ne cesse d'augmenter, de même que le nombre de personnes souffrant d'obésité et de diabète.
Il serait logique face à un tel échec, d'abandonner définitivement les édulcorants intenses pour rendre aux aliments et à leur vraie saveur leur juste place (ce qui mettrait une fois pour toute un terme au débat sur leur éventuelle toxicité). Et cependant, plus on échoue et plus on renforce les mesures permettant d'espérer qu'en essayant plus fort, on finira bien par réussir. L'enjeu économique est immense, voilà qui explique pourquoi une décision, a priori absurde sur le plan de la santé publique, peut être maintenue indéfiniment ; parce qu'elle a d'autres conséquences positives que celles pour laquelle on l'avait tout d'abord imaginée.
Rappelons pour conclure que chacun est libre de choisir de consommer ou non de l'aspartame, et dans quelle quantité. Apprendre à bien manger,
à cuisiner avec des ingrédients naturels dans le respect du goût et de ses besoins est aussi à la portée de tous. User d'une quantité modeste de miel, ou de sirop d'érable pour vos pâtisseries maison ou pour sucrer vos yaourts
et fromages blancs peut être une solution fort agréable et saine tout en n'apportant guère de Calories supplémentaires rapporté à la valeur énergétique de la ration alimentaire considérée sur la journée. D'autres choix sont possibles, même pour un diabétique ou une personne en surpoids : un peu de sucre, ou
de la compote, ou de la confiture peu sucrée, mélangés aux autres aliments d'une recette ni trop grasse ni trop sucrée, ne poseront aucun problème (revoir la notion d'index glycémique pour en savoir plus à ce sujet) !
On peut enfin sucrer son gâteau ou son yaourt avec quelques raisins secs, ou des petits morceaux de figue, ou des pruneaux !
Non seulement ils apportent une saveur sucrée délicatement fruitée, mais en outre ils sont source de vitamines, de minéraux et de fibres !
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