![]() A ne pas manquer ! |
Approche tachologique des probiotiques à boire, l'ultime combat
Sur le ring à votre gauche, Actimel au L. casei Defensis (Danone), et à votre droite Yoco acti-fortis (Nestlé).
On se sent soudain bien peu de choses face aux forces titanesques contenues dans ces petites bouteilles de yaourt - pardon, de probiotiques - à boire, un yaourt qui ne se mange plus mais qui se prend désormais comme un médicament, selon une posologie bien précise, moins pour se nourrir que pour renforcer sa santé. Après tout, Hippocrate a été le premier à préconiser que "l'aliment soit notre première médecine", une conception de l'alimentation qui, interprétée de façon volontairement restrictive, a débouché depuis la fin du siècle dernier sur la mise au point et la promotion (encore chaotique) d'alicaments au premier rang desquels les yaourts se sont aussitôt distingués et demeurent, aujourd'hui encore avec le récent avènement des petites bouteilles de yaourt aux stérols végétaux pour lutter contre l'hypercholestérolémie, les porte-drapeaux de la progression des alicaments.
Moi, je n'y crois pas à ces trucs dont les noms aussi bien que l'idée me rappellent les aventures d'Astérix. C'est peut-être un peu triste à avouer, mais j'ai passé l'âge de confondre réalité et fiction, du moins en ce qui concerne les potions magiques à boire.
Je sais ce qui est bon pour moi sur le plan nutritionnel et je reste persuadée que si je paye un peu de lait fermenté liquide et trop sucré, deux ou trois fois plus cher qu'un yaourt normal, je n'y suis pas gagnante.
Pas rassasiant, pas assez de protéines, trop de glucides, quantité trop petite, prix trop élevé et,
peut-être plus que tout le reste, c'est cette image pseudo-médicamento-miraculeuse qui me dérange.
Car à bien y regarder, on nous dit que nous ne sommes pas assez forts naturellement pour être en bonne santé si l'on ne prend pas chaque jour
son probiotique à boire... C'est bien trouvé parce que, si l'on décide d'y croire, on est bien obligé d'en consommer à vie... surtout qu'avec l'âge, notre espérance de vie ne va pas aller en s'allongeant...
Mais soyons honnête, si jamais je n'achèterais un bidon aussi bidon, j'admets que ma résistance n'est pas aussi implacable que je veux bien le croire dans tous les domaines.
Tenez, par exemple, selon le philosophe contemporain Skip, les taches enseignent la vie. Ça peut sembler dérisoire et ridicule, de prime abord, et pourtant..., c'est vrai !
Je me demandais hier pourquoi je n'étais pas en mesure d'accorder ma confiance aux probiotiques à boire et je cherchais un point de comparaison.
A ce moment-là, m'est revenue en mémoire la tache que j'ai faite dernièrement sur mon pull blanc (tout neuf, ça va de soi).
Comme vous, peut-être, j'ai reçu certains messages hertziens qui m'ont permis de mémoriser que quelque chose Oxy action serait susceptible de faire partir cette tache.
Et là j'ai pris conscience de l'ampleur de mon ignorance : je ne sais pas comment ça marche, une tache.
Outre le fait que j'ignore comme elle est arrivée là, je ne sais pas de quoi elle est composée, pourquoi mon pull a trouvé cette matière tellement attachante qu'il s'en est imprégné, comment la couleur tient dans la fibre, si c'est lavable ou s'il faut décolorer la fibre pour retrouver la blancheur initiale de la laine...
Si je savais comment la tache fait pour tacher mon pull, je pourrai le détacher intelligemment au lieu d'essayer un énième détachant dans mon existence qui risque fort d'attacher la tache définitivement à mon pull.
A cet égard, pour parer à mon redoutable criticisme, on m'objecte souvent qu'il faut tout essayer pour pouvoir se faire une opinion ! Dans cette optique, forcément, plus ça rate, plus on a de chances que ça marche (devise Shadok). Mais je ne suis pas chaude pour essayer tout ce qui rate avant de trouver par hasard ce qui pourrait marcher. Après tout, c'est ce qui distingue l'humain de l'animal. L'animal peut avoir conscience que "ça" pourrait être différent, mieux, plus efficace. Mais il ne peut pas imaginer, concevoir une stratégie apportant la solution à son problème. En revanche, il peut tout essayer et dans le lot de toutes ses tentatives, il y a statistiquement de bonnes chances qu'il tombe sur un procédé efficace. L'animal n'est donc pas bête parce qu'en acceptant d'en passer par tous les échecs (sauf la mort qui serait rédhibitoire) il se donne plus de chances de réussir que l'humain qui, par orgueil, ne voudrait se lancer que s'il est sûr de réussir (et dans ce cas, risque fort de ne jamais rien faire puisqu'on apprend de ses taches erreurs.)
Alors que j'étais en train de m'interroger sur les avantages et inconvénients qu'il y aurait à utiliser de l'aspirine effervescente, de l'eau de javel, du lait ou du savon de marseille, j'ai soudain réalisé que pour conserver un ascendant
sur le peuple (des téléspectateurs en particulier, et du grand public en général) il faut entretenir sa croyance en certains mythes plutôt que lui livrer le mode d'emploi qui lui permettrait de
procéder rationnellement pour résoudre un problème. Mais regardons la vérité en face : est-ce que j'aurais le temps, les capacités et l'envie, moi, de devenir ingénieur ou docteur ès tachologie textile ?
Il est clair que non. Alors je suis contrainte de m'en remettre à des experts (après tout, chacun sa spécialité) et l'avantage, c'est tout de même que si ça ne marche pas, au moins, ça ne sera pas de ma faute.
MF.
|
Membre de Click-FR®, Réseau francophone Paie-Par-Click |
![]() |