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La princesse au petit poids
Peut-être vous rappelez-vous ce conte de votre enfance ? La princesse au petit pois (ou au petit poids)... Souvenez-vous :
le titre exact était La princesse sur un pois. Un prince cherche à prendre épouse, mais il souhaite trouver pour cela une authentique princesse. Il fait le tour du monde, seulement voilà, il a beau rencontrer un grand nombre de princesses, il n'en trouve aucune qui lui semble être réellement et assurément une princesse. Il rentre donc en son royaume sans avoir trouvé d'épouse. Et puis une nuit d'orage, une princesse frappe à la porte du château, trempée jusqu'aux os. La reine mère veut s'assurer qu'il s'agit bien d'une princesse et met alors au point un stratagème : elle place un pois (ou un poids) au fond du lit puis dépose par dessus vingt matelas et vingt édredons. Voilà la couche destinée à la jeune femme.
Le lendemain matin, la jeune femme se plaint d'avoir bien mal dormi et d'avoir la peau toute meurtrie car quelque chose de très dur lui a infligé un véritable supplice. Et c'est à cette réponse que l'on reconnaît que c'est une véritable princesse. Ceci convainc le prince de l'épouser et tout est bien qui finit bien.
Hans Christian Andersen, l'auteur de ce conte, ne nous dit pas si le prince gouvernera bien son royaume, ce dont on peut douter si l'on en juge d'après la façon dont il choisit sa femme !
Mais l'enfant qui sommeille en nous ne se questionne guère sur le devenir politique de ce royaume, ce qui l'intéresse surtout
c'est la relation qui est faite entre l'état de princesse et le pois. En effet, être princesse est un état fort attrayant au sein du conte
comme dans l'imaginaire enfantin, du moins chez les petites filles.
Il faut que la princesse soit d'une bien grande délicatesse pour sentir un petit poids sous une telle épaisseur de matelas et édredons.
A n'en point douter, la princesse elle-même doit être de petit poids. Car autrement, protégée par l'enveloppe graisseuse qui joue
entre autres, les rôles d'amortisseur, de rembourrage et d'isolant, elle n'aurait pas souffert de la présence de ce petit pois
dans son lit.
Il existerait donc un corps idéal pour être une jeune femme désirable et digne de l'amour d'un prince : un corps fragile et délicat,
et très vraisemblablement menu, si l'on s'en tient à la logique propre à ce conte. Nous sommes ici devant une intéressante illustration de ce que peut contenir la notion de poids idéal.
Ce qui est idéal relève par définition du domaine des idées et atteint un degré de perfection imaginé par l'esprit mais incompatible
avec le plan physique. On conçoit alors à quel point l'impossible quête du poids idéal peut devenir source d'ascèse chez nombre de jeunes filles et femmes,
en n'omettant pas de bien comprendre dans ce terme d' ascèse, non seulement la partie qui concerne la rigoureuse gestion du comportement, mais aussi la part non négligeable de mortification qu'elle implique, comme si la souffrance forcément nécessaire pour être belle (dit-on) rendait plus digne, plus vertueuse, plus pure, bref, pouvait porter le corps sur le plan de perfection dont relève l'âme.
Cette mortification de la chair est clairement vécue au travers de la privation alimentaire mise en oeuvre pour atteindre le poids idéal chez bien des femmes, mais coexiste de plus avec une véritable mortification de l'esprit : bien plus qu'une marque d'humilité, c'est une terrible humiliation cause d'une grande douleur morale.
On pourrait penser que le fait d'être né avec une inclination génétique et des facteurs environnementaux propices au maintien d'un poids de santé puisse être utile. Que nenni ! On le voit bien dans ce conte, les princesses rencontrées de par le monde, malgré leur très réels titres de noblesse, leurs beaux palais et leurs somptueux atours, ne peuvent prétendre être de vraies princesses. Tout simplement parce qu'elles se placent sur le plan de la réalité physique et matérielle, alors que l'idéal ne s'y peut pas trouver.
Si l'on associe trop souvent l'idée de "régime" à celle de privation et d'auto-punition, c'est parce que le régime ainsi pensé, permettant de se placer sur le chemin du poids idéal, vise justement à atteindre une forme d'élévation morale à travers l'auto-châtiment. C'est le principe même de l'ascèse ! La discipline alimentaire dans la restriction remplace la discipline qui est également le nom du fouet utilisé par le pénitent dans l'auto-flagellation...
Comme la perfection n'est pas physiquement possible puisqu'elle appartient au domaine de l'idée, chaque femme se trouve un jour ou l'autre dans l'obligation de reconnaître qu'elle n'est pas parfaite et à partir de cette prise de conscience, il n'est pas rare qu'elle cherche comment s'améliorer et rencontre alors la notion de poids idéal.
Par magie, l'impossible se retrouve soudain placé à sa portée. Il lui suffit de suivre quelques règles simples et elle touchera au divin. Quelle dangereuse illusion ! Et que de déceptions au terme de cette noble entreprise exigeant pourtant bien des qualités : la sincérité, la force morale, le courage et la bonne volonté vont être employés à cette tâche ! La représentation extrême de cette maladie d'idéalité n'est certainement pas sans point commun avec l'anorexie mentale, ou tout au moins, certaines formes d'anorexie mentale.
Partir en quête du poids idéal est donc aller au devant de sérieux problèmes. A l'inverse, le poids de forme est un objectif de bien-être, de forme et de santé. On sent bien dans cette appellation "poids de forme" comme il est bien implanté dans la réalité physique du monde. Il en va de même pour la notion de "poids de santé". Ceci pose une excellente base, ou plutôt, un excellent objectif, de par son réalisme, qui ne voue pas à l'échec.
Qu'en est-il de l'expression "poids théorique" que l'on rencontre encore ? Appartient-elle comme le poids idéal, au monde de la perfection impossible ? En réalité, le terme "théorie" s'appuie sur la prise en compte de calculs, et la manipulation des chiffres est bien un art abstrait. Ce n'est pas le poids qui est abstrait, mais la façon dont on estime, grâce aux calculs, le poids de forme. Le poids théorique nous parle donc du poids de forme en nous renseignant sur le fait qu'il est calculable. L'intellectualisation porte sur le calcul, non sur le poids.
Enfin, on parle aussi de "poids souhaitable". Comment comprendre cette nouvelle formulation relative au poids ? L'adjectif souhaitable signifie : "qui peut ou doit être souhaité, ou recherché". Si la notion de devoir n'est pas ici la plus satisfaisante, en revanche, celle introduite par le verbe "pouvoir" nous parle bien du domaine du possible et, par cela, nous éloigne de la notion de poids idéal.
Mais au fait, savez-vous comment calculer votre poids idéal ? Pardon ! ... votre poids souhaitable ?
Pour savoir comment déterminer votre poids théorique, calculer votre indice de masse corporelle (IMC ou BMI) et mieux comprendre leur signification, suivez ce lien :
http://www.logidiet.com/faq_1.1/viewFAQ.php?action=edit&FAQ_ID=36
ou, pour les plus pressés, rendez-vous directement à cette page de calcul automatique.
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