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Quel héritage nutritionnel pour nos enfants ? Tous ensemble contre la malbouffe.
En France, les jeunes adultes mangent de moins en moins de fruits et légumes. Or, de leur diversité alimentaire, dépend celle des générations à venir.
C'est l'une des conclusions de l'enquête INCA conduite en 1999.
«Une consommation assez élevée de fruits et légumes se maintient chez les consommateurs
âgés, mais les consommations sont faibles chez les jeunes et les apports moyens en fibres sont
limités.»
La consommation moyenne des adultes est de 285 g/jour de fruits et légumes dont 145 g/jour de fruits
et 140 g/jour de légumes (hors pommes de terre).
Cette moyenne pourrait sembler acceptable si l'observation des résultats ne permettait de noter
les très grandes variations de consommation entre individus : «les apports de fruits
varient de un à trois entre les jeunes adultes de 15-24 ans et les personnes de plus de 65 ans. On
observe un écart de 40% pour la consommation de légumes (hors pommes de terre) entre ces deux
groupes d’âge. 14% des adultes n’ont consommé aucun fruit pendant la semaine d’enquête.
Ces grandes différences de consommation de fruits et légumes entre groupes d’âge incitent à s’interroger
sur leur caractère générationnel qui impliquerait à long terme une baisse de la consommation par
renouvellement des générations.
Du fait de cette consommation assez faible de fruits et légumes et de la consommation courante de
pain blanc, les apports en fibres sont faibles dans l’ensemble de la population : 17,6 g/jour pour les
adultes. Ils sont même assez bas comparés aux apports en fibres dans d’autres pays européens
du Nord comme du Sud (Portugal 26 g/jour, Allemagne 21 g/jour et Danemark 20g/jour).»
Dans un article intitulé "La malnutrition dans les pays industrialisés", l'UNICEF constate à juste titre :
«Autre coupable: l'abondance même, la grande disponibilité d'aliments nutritionnellement inadéquats,
comme les boissons sucrées, les pommes chips, les bonbons, les plats servis dans les fast foods,
qui sont consommés sans modération ni équilibre en lieu et place d'aliments assurant une bonne nutrition.»
Un article écrit dans le cadre du programme de recherche "Aliment demain" sur l'alimentation des enfants issus de familles défavorisées,
surenchérit en observant :
«Un pourcentage élevé de ces jeunes enfants ont une consommation de produits animaux très élevée, tandis qu’au contraire, la consommation de légumes et fruits est faible, voire très faible pour environ la moitié des enfants. Une « rupture » semble se dessiner autour de l’âge de 18 mois, moment où ces consommations de fruits et légumes diminuent. Quelques hypothèses peuvent permettre d’expliquer ce phénomène qui représente une tendance lourde en France actuellement chez l’enfant et chez l’adulte : augmentation de l’autonomie de l’enfant qui conduit la mère à relâcher son contrôle de l’alimentation de l’enfant ; coût des fruits et légumes frais conjugué à une réduction de l’investissement affectif vis à vis d’un enfant qui a passé le cap de développement (réduction de la préparation des plats, moindre achat de petits pots) ; diminution, après le passage à une alimentation variée, de l’attention et des conseils des personnels de PMI.
Ces résultats permettent de relativiser l’impact négatif de la pauvreté sur l’alimentation et les apports nutritionnels des très jeunes enfants de familles défavorisées. Cependant, dès l’enfance se dessine l’une des perturbations majeures du comportement actuel à savoir la faible consommation de fruits et de légumes, préoccupante lorsque l’on sait le rôle de ces aliments dans la prévention des maladies dites de civilisation (obésité, maladies cardio-vasculaires, cancers).»
Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) précise que selon la plupart des comités d’experts internationaux, une alimentation " saine " devrait intégrer au moins 2 à 4 portions de fruits et 3 à 5 portions de légumes par jour. Les sujets qui consomment, par jour, moins d’une portion et demie de fruits et moins de deux portions et demie de légumes (pommes de terre exclues) sont définis comme des petits consommateurs respectivement de fruits et légumes.
Données Etude SU.VI.MAX (1996) :
| petits consommateurs de fruits | petits consommateurs de légumes | |
| hommes 45-60 ans | 64 % | 72 % |
| femmes 45-60 ans | 55 % | 64 % |
Enfin, il y a un an presque jour pour jour, Monsieur Jean-Pierre LOISEL, Directeur du département
consommation du CREDOC, faisait part, au cours d'un des "petits déjeuners Sopexa",
d'un constat qui est plus que jamais au coeur de l'actualité et des préocuppations des acteurs de la santé publique :
«Les Français déclarent majoritairement tenir compte des conseils prodigués par les nutritionnistes dans la préparation de leurs repas. Ils affirment éviter les matières grasses cuites (68 %), prendre des repas équilibrés (67 %) et privilégier les légumes et les crudités (65 %). [...] Il est toutefois permis de penser que ce discours relativement positif ne s'accorde pas complètement avec la réalité. Pour donner un seul exemple, la vente de fruits et de légumes ne cesse de diminuer...»
La prise de conscience de l'intérêt nutritionnel des fruits et légumes par les consommateurs Français, y compris les plus jeunes, ne s'est donc pas traduite, dans les faits, par une amélioration des choix alimentaires. De plus, face au matraquage publicitaire que subit la jeune génération, la plus vulnérable car la plus influençable, les parents ont tendance à baisser les bras, ou du moins à ne pas savoir (ne pas oser ?) proposer (imposer ?) une alimentation saine et de qualité à leurs enfants, comme si le fait de remplacer la pizza des tortues Ninja par du poulet rôti et des haricots verts allait bouleverser l'identité culturelle des enfants.
Manger au moins 5 portions de fruits et légumes par jour n'est pas un
lointain idéal, c'est une recommandation diététique facile et agréable à suivre, garante
d'une meilleure santé dès lors que l'on accepte de porter un jugement critique constructif sur
ses habitudes alimentaires et que l'on s'engage à corriger ses erreurs alimentaires.
Il ne suffit pas de savoir, il faut mettre ce savoir en pratique.
Cet édito est donc l'occasion d'annoncer que le site La diététique en question va mettre en place dans les semaines et mois à venir un programme réunissant plusieurs outils d'information, de soutien et de mesure des résultats, pour que chacun de vous, chacun de nous, puisse s'investir activement dans la sauvegarde et la promotion du "bien manger", en opposition à la colossale banalisation de la "malbouffe".
Vous êtes Français et vous souhaitez vous mobiliser pour cette cause ? Engagez-vous à nos côtés en vous inscrivant par e-mail pour participer à ce programme, en
indiquant vos nom et prénom, adresse e-mail, date de naissance, sexe, situation de famille, nombre de personnes vivant au foyer, profession, adresse complète du lieu de résidence, taille et poids actuels ou en remplissant le formulaire ci-dessous.
Ces informations nominatives sont confidentielles et destinées à un usage privé sur le site La diététique en question, à des fins statistiques.
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