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Ce que sont les dioxines et ce qu'il faut faire pour limiter notre exposition
Les polychlorodibenzo-para-dioxines (PCDD), les polychlorodibenzofuranes (PCDF) et les biphényles polychlorés (PCB),
composés aromatiques chlorés, sont regroupés sous le terme de dioxines.
Les dioxines toxiques pour l'homme sont celles qui
comportent de 4 à 8 atomes de chlore, occupant les positions 2, 3, 7 et 8. On
trouve 17 isomères de ce type.
La 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine ou 2,3,7,8-TCDD, dont les 4 positions précitées
sont occupées a été reconnue cancérogène pour l'homme.
Les circonstances naturelles dans lesquelles la production de dioxines a lieu sont les éruptions volcaniques
et les incendies de forêt.
A cette production naturelle de dioxines, l'homme ajoute une
production liée principalement à l'incinération des déchets, à l'industrie du papier, à l'industrie sidérurgique,
aux transports (essence plombée), à la production de pesticides, de chlore et de PVC.
Toute incinération de matières organiques produit des dioxines, y compris le charbon de bois du barbecue et les cigarettes.
La structure chimique stable des dioxines les rend difficilement altérables : elles s'accumulent donc
dans la nature et dans les organismes vivants.
Ainsi, nous sommes tous exposés quotidiennement aux dioxines transportées dans l'air,
déposées sur les fruits, contenues dans l'eau...
Environ 90% de l'apport total en dioxines se fait par la voie alimentaire.
Les produits animaux (viande, oeufs, produits laitiers...) que nous consommons contiennent des dioxines tout comme notre propre organisme :
ces molécules lipophiles sont regroupées dans les parties grasses, c'est pourquoi un régime
varié et basé sur un choix d'aliments maigres permet de diminuer l'apport de dioxines.
Pour les fruits et légumes, il convient de les laver avant de les consommer : les dioxines sont
simplement déposées à la surface.
Le problème lié aux dioxines qui a fait la une de l'actualité en ce début du mois de juin 1999,
est une concentration en dioxines supérieure à la limite admise dans les produits animaux en provenance de Belgique.
Cette concentration trop élevée est due à l'utilisation d'aliments pour animaux
dont le processus de fabrication passe par une incinération de matières organiques
qui produit des dioxines, lesquelles se retrouvent concentrées, comme
nous l'avons vu plus haut, dans (les parties grasses de) l'animal nourri avec ces farines.
Mais quels sont les risques ?
Ils sont très difficiles à évaluer. Les études se multiplient et jusqu'à présent, les conséquences
physiopathologiques de l'exposition aux dioxines n'ont pu être observées que sur des personnes
ayant été exposées à des doses très largement supérieures à celles qui se rencontrent
habituellement. Il faut donc se garder d'être inutilement alarmiste.
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a fixé la Dose Journalière Admissible (DJA)
entre 1 et 4 picogrammes par kilo de poids corporel et par jour,
pour la 2,3,7,8-TCDD. Cette DJA est un seuil de précaution qui inclut une marge de sécurité.
Les industries de nombreux pays se sont déjà engagées depuis 1976
à réduire et à contrôler les taux de dioxines rejetées dans la nature ou qui se retrouvent dans
leurs produits alimentaires.
L'étude des quantités de dioxines présentes dans le lait maternel humain permet de mesurer l'impact des
mesures déjà prises. Elle a montré aux USA une diminution très significative : on trouve
presque 4 fois moins de dioxines dans le lait humain aujourd'hui qu'il y a 20 ans.
Ces efforts doivent bien sûr être poursuivis et les contrôles doivent demeurer particulièrement
rigoureux afin que, le cas échéant, les produits dépassant les normes admises soient repérés et
mis hors-circuit.