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Le chocolat a-t-il un effet bénéfique sur la santé ?
Dès le XVIème siècle, le cacao et le chocolat ont été utilisés à des fins médicinales, le plus souvent pour
reprendre du poids et améliorer l'état de la peau de malades amaigris, stimuler le système nerveux et réguler
la digestion et le transit. Mais leurs vertus thérapeutiques s'appliquaient dans de nombreux autres cas dont l'anémie,
l'anorexie, le rhume, la baisse de la libido, la fièvre, la goutte, les calculs rénaux ne sont que quelques exemples.
Le chocolat a aussi été accusé de bien des maux, peut-être dans le but de trouver des prétextes pour en manger
moins ou y renoncer définitivement, tant il est difficile pour certaines personnes de se modérer dans leur consommation. C'est ainsi
que le chocolat a eu la réputation de provoquer de l'acné, des crises de foie (qui sont en fait une indigestion, lorsque le chocolat est
mangé en trop grandes quantités), des crises d'épilepsie, des maux de tête (si la tyramine qu'il contient peut en effet être incriminée
dans l'apparition de migraines, en revanche, son action sur les vaisseaux sanguins serait plutôt susceptible de soulager les céphalées dues
à une hypertension intracranienne) et Madame de Sévigné affirmait que manger du chocolat lorsqu'on était enceinte conduisait soit
à la mort, soit à mettre au monde des enfants ayant la peau de la couleur du chocolat !
Aujourd'hui, les recherches s'orientent essentiellement sur l'étude des vertus prophylactiques
du cacao et du chocolat au niveau du système cardiovasculaire.
Les fèves de cacao sont des sources de flavonoïdes intéressantes (10 à 20%) : ces polyphénols,
qui appartiennent à la fraction maigre du cacao participent à la fluidification du sang, par diminution de l'agrégation plaquettaire.
L'effet produit par le cacao sur l'hémostase primaire durant les heures qui suivent son ingestion
est comparable à celui de l'aspirine !
Les polyphénols complexes (oligomères) contenus dans le chocolat agiraient également sur les vaisseaux en provoquant leur relaxation, pouvant ainsi participer
à la régulation de la pression artérielle.
Enfin, ces mêmes polyphénols ont un effet antioxydant marqué : la consommation de cacao
fait diminuer la sensibilité des LDL (lipoprotéines de basse densité) à l'oxydation, protégeant ainsi
contre la formation de lésions athéromateuses.
Le chocolat contient une quantité importante de polyphénols complexes qui lui donnerait un avantage sur
les autres aliments d'origine végétale, riches en polyphénols simples (monomères). Une étude a montré que les polyphénols
du chocolat auraient en effet des propriétés antioxydantes 4 fois supérieures à ceux contenus dans le thé (Arts, I.C.W.; Hollman, P.C.H.; Kromhout, D. Lancet. 1999, 354, 488).
Il convient par ailleurs de rappeler que le chocolat, qui est d'origine végétale, ne contient pas de cholestérol,
sauf lorsqu'il est au lait (il contient alors le cholestérol apporté par le lait !).
De plus, les phytostérols contenus dans le cacao entravent l'absorption du cholestérol alimentaire ; ils contribuent
donc à nous protéger contre l'athérosclérose.
On a pu objecter, dans le passé, que le chocolat était riche en acides gras saturés, dont nous
savons que, d'une manière générale, ils augmentent les risques d'hypercholestérolémie.
Or, le beurre de cacao est composé de 35% d'acide oléique, 34% d'acide stéarique,
28% d'acide palmitique et 3% d'acide linolénique.
Il est clair désormais que ce profil en acides gras s'avère protecteur vis-à-vis
de l'hypercholestérolémie : en effet, l'acide oléique (acide gras monoinsaturé présent
en grande quantité dans l'huile d'olive) est
neutre par rapport à la cholestérolémie
et de récentes études ont montré que l'acide stéarique (acide gras saturé)
serait rapidement désaturé dans l'organisme en acide oléique, ce qui porte
à près de 70% le taux d'acides gras neutres par rapport à la cholestérolémie.
Quant à l'acide linolénique, c'est un acide gras polyinsaturé, essentiel, qui a des vertus hypocholestérolémiantes.
Il ne reste donc plus que 28% d'acide palmitique éventuellement incriminables, mais cette faible proportion
fait du chocolat un aliment dont il est démontré, en théorie comme en pratique, qu'il n'affecte pas la cholestérolémie.
On constate ainsi que les études scientifiques actuelles sont en faveur du chocolat, qui serait
un bon aliment pour la prévention des maladies cardiovasculaires.
Les bénéfices liés à la consommation de cacao et de chocolat ne s'arrêtent pas là :
certaines substances présentes dans le cacao, telles que la théobromine, la caféine,
la tyramine, la sérotonine et la phényléthylamine, ont des effets psychostimulants. Comme il contient
également du magnésium et du fer, le chocolat est donc aussi un aliment anti-stress, réconfortant, à la fois tonifiant
et relaxant.
En outre, la consommation de chocolat, par le plaisir qu'elle procure, provoque la libération de dopamine dans notre
cerveau. Or, la dopamine est la molécule du plaisir, celle-là même qui est fortement impliquée dans les phénomènes
de toxicomanie. Ceci explique au moins en partie pourquoi certains sujets sont véritablement "accros" au chocolat...
Pour en terminer sur les vertus du chocolat, soulignons le fait que son index glycémique est égal à 22, alors
que celui des corn flakes est égal à 80, tandis que celui du glucose, utilisé comme référence, est égal à 100.
En clair, cela signifie que lorsque nous mangeons du chocolat, le sucre qu'il
contient ne provoque pas une réponse insulinique rapide et forte, susceptible de déséquilibrer la glycémie et
favorisant, entre autres, la fabrication de réserves graisseuses et de cholestérol.
S'il n'y a pas de raison, en dehors de l'allergie, de se priver de chocolat, il faut cependant rappeler que
c'est un aliment très énergétique (environ 500 kcal aux 100 g). Il ne doit donc pas être consommé sans compter,
au risque de déséquilibrer l'alimentation et de prendre du poids. Aussi bon soit-il pour la santé, souvenons-nous que
le chocolat doit rester accessoire !
A une période où foisonnent les "allégations santé", prenons garde à ne pas tirer de conclusions hâtives et
erronées à partir des résultats favorables de certaines recherches scientifiques.
Ce n'est pas parce que différentes études démontrent que tel ou tel aliment est favorable à notre santé
que sa consommation doit soudain prendre des proportions énormes, au détriment des règles de l'équilibre
alimentaire, car dès lors, les effets néfastes de cette attitude l'emporteraient sur les
bénéfices escomptés...