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L'aspartame n'est pas toxique. Oui, mais...
Découvert en 1965 par hasard, au cours de recherches sur la synthèse des hormones, l'aspartame
(L-aspartyl-L-phénylalanine méthylester)
est composé de 2 acides aminés (la phénylalanine et l'acide aspartique) qui, isolément, n'ont pas une
saveur sucrée et dont le dipeptide non méthylé a une saveur amère.
Compte tenu de sa composition, l'aspartame est contre-indiqué en cas de phénylcétonurie, une maladie
métabolique due à un déficit en phényl hydroxylase hépatique, enzyme indispensable à la transformation
de la phénylalanine en tyrosine. Le dépistage de cette maladie, grâce au test de Guthrie, est pratiqué de façon systématique
en France depuis 1967.
La dose journalière admissible (DJA) est de 40 mg par kilo de poids corporel par 24 heures.
Son pouvoir sucrant est égal à 180 (le pouvoir sucrant de référence est celui du saccharose, qui est égal à 1).
La saveur sucrée est forte et dépourvue d'arrière goût désagréable.
L'aspartame n'est pas toxique et n'a pas d'effet tératogène (c'est-à-dire qu'il n'entraîne pas de malformations foetales).
Différentes sources ont cependant remis en cause cette absence de toxicité, à plusieurs égards.
En solution, l'aspartame tend à se dégrader en dicétopipérazine, substance qui, lorsqu'elle est
chauffée est soupçonnée de pouvoir conduire à la formation de nitrosamines, produits cancérigènes. L'apparition de dicétopipérazine en dessous
de 105°C est extrêmement faible, on peut donc utiliser l'aspartame sans problème pour sucrer son café.
En revanche, à 150°C, la transformation de l'aspartame en dicétopipérazine est totale en environ 30 minutes. L'aspartame
ne devrait donc pas être utilisé pour la cuisson puisqu'en se dégradant, il perd en outre son pouvoir sucrant.
Or, aucune étude scientifique ne permet à ce jour de corroborrer l'hypothèse selon laquelle la dicétopipérazine
serait cancérogénétique.
Il convient encore d'ajouter que certaines personnes ont fait état de réactions d'intolérance à l'aspartame dont
les manifestations sont variées :
- maux de tête, vertiges, palpitations, insomnies,
- gonflement des mains, des pieds ou du visage,
- troubles gastro-intestinaux,
- aggravation des symptômes chez certains sujets dépressifs (agressivité, anxiété, fatigue,...),
- et, exceptionnellement, allergie.
Nutrasweet consacre une page internet aux questions et doutes suscités
par les rumeurs relatives à la toxicité de l'aspartame,
disponible en anglais sur le site
http://www.nutrasweet.com.
Le site de The multiple sclerosis foundation propose également un démenti des allégations hasardeuses
liées aux effets secondaires de l'aspartame. Le Dr David Squillacote, conseiller médical auprès de cette fondation,
n'émet de réserves qu'en ce qui concerne l'aggravation
des symptômes chez les personnes dépressives, qui aurait été confirmée par une étude isolée. Lien direct (en anglais)
http://www.msfacts.org/aspartame.htm.
La Banque de Données Automatisée sur les Médicaments (BIAM, http://www2.biam2.org) recense pour sa part
deux effets indésirables : l'urticaire (très rare, source : Ann Intern Med 1986;104:207) et les céphalées (à confirmer, deux études ayant débouché sur des résultats contradictoires).
Dans les contre-indications, la BIAM mentionne l'épilepsie en précisant : «Augmenterait la fréquence des crises. Décrit chez l'enfant avec des doses pouvant être apportées par l'alimentation et les boissons light (Source : Neurology 1992;42:1000-1003).» Des études
ultérieures citées par Nutrasweet ne confirment pas ces résultats.
Il va de soi que si l'aspartame déclenche réellement chez un consommateur, de façon non équivoque et médicalement attestée,
une quelconque réaction d'intolérance, il lui est conseillé d'éviter cette substance à l'avenir.