
| Anorexie mentale :
comment remanger sans perdre le contrôle ? protéines, fer, calcium... qu'est-ce qui est important ? combien en faut-il ? où les trouver ? |
Comment remanger quand on n'y arrive plus, qu'on en a perdu l'habitude, le goût ou l'envie ?
D'abord, il est nécessaire que s'opère en vous une prise de conscience portant sur le fait que la "chute libre" doit s'arrêter là, qu'il est temps d'ouvrir le parachute, aussi grisantes qu'aient pu être les sensations éprouvées, afin de revenir sur terre pour découvrir et cultiver votre aptitude à vivre et, mieux encore, à vous épanouir.
Lorsque le moment est venu, lorsque vous êtes prêt(e) à remanger, alors vous êtes sur cette page... et ne cherchez plus à savoir si oui ou non il faut manger davantage, mais tout simplement des conseils et des repères pratiques.
Les objectifs et conseils nutritionnels donnés sur cette page seront également utiles aux personnes qui suivent un régime basses ou très basses calories et souhaitent couvrir au mieux leurs besoins nutritionnels dans le même temps.
Non, tout ceci ne fait pas grossir.
Pour faire grossir une personne dénutrie, qui a perdu l'habitude de s'alimenter, ce sont des rations qui se situent autour de 3000 Calories par jour que l'on met en oeuvre. Ici, nous en sommes loin.
50 g de protides apportant 4 Calories par gramme, participeront à la ration énergétique totale à hauteur de 200 Calories ;
150 g de glucides apportant 4 Calories par gramme, donnent pour leur part 600 Calories qui jouent un rôle essentiel ;
15 g de corps gras d'ajout, en supposant qu'ils soient sous forme d'huile végétale, apportant 9 Calories par gramme, vont fournir 135 Calories ;
nous en sommes jusqu'ici à 935 Calories. Il nous manque donc encore 265 Calories qui seront apportées par une trentaine de grammes de lipides dits cachés ou invisibles, qui font partie des aliments et sont à ce titre tout à fait les bienvenus car notre corps en a également besoin.
Ce n'est pas une ration de luxe ; on ne peut pas tricher avec ce minimum.
On n'est pas dans un jeu vidéo, on ne trouve pas de points de santé sur notre parcours ou lorsqu'on réalise des exploits : notre santé nous l'entretenons tous les jours grâce à notre alimentation.
Ces valeurs sont donc des minima qu'il faut très vite atteindre pour sortir de la menace de mort que représentent l'inanisation et l'inanition.
L'objectif des 1200 Calories, seuil en dessous duquel l'alimentation ne couvre pas nos besoins vitaux.
Apporter quotidiennement plus de 1200 Calories à votre organisme va être votre premier objectif, car en dessous de ce minimum, les protéines sont détournées de leur utilisation normale (rôle plastique et fonctionnel) pour être utilisées comme source d'énergie, or sans protéines pour entretenir les muscles dont les organes vitaux, on est en danger de mort. Ces 1200 Calories sont dont un but on ne peut plus concret et les moyens de l'atteindre doivent donc l'être tout autant.
Atteindre ces 1200 Calories quotidiennes c'est sortir de l'inanisation, et cela devra être votre priorité. Pourquoi une priorité ? Parce que, quoiqu'il arrive, quelles que soient les circonstances, les sources d'approvisionnement, les contraintes d'organisation, de conservation, de transport, etc. vous allez devoir tout mettre en oeuvre pour y arriver, chaque jour. Et ce n'est qu'un minimum vital, pas un objectif définitif : c'est le début de votre retour vers une ration suffisante.
Il y a autant de façons de construire une ration à 1200 kcal qu'il y a de gens sur terre. Et c'est donc tout naturellement selon vos préférences et en fonction de vos possibilités, que vous allez construire la vôtre.
Comment faire ? Par où commencer ? Suivez le guide !
Mes 50 g de protéines, pas une de moins !
Quelles que soient vos préférences alimentaires, piochez dans les parts d'aliments qui apportent 5 g de protéines, dans les choix proposés ci-dessous.
Selon que vous vous sentez mieux à manger des repas copieux ou au contraire des repas peu volumineux, adaptez vos choix au confort digestif que vous recherchez.
10 x 5 = 50 ; il vous faut donc vous rapprocher progressivement et atteindre 10 parts de 5 g de protéines par jour au minimum, pour vous réalimenter.
| 1 PART = 5 GRAMMES DE PROTEINES |
| Origine animale | Origine végétale |
| 25 g de viande | 60 g de pain |
| 30 g de poisson ou produits de la mer | 50 g de pâtes aux oeufs crues (ou 100 g cuites) |
| 1 oeuf | 70 g de riz cru (ou 200 g cuit) |
| 2 petits suisses | 40 g de tofu ou de semoule de blé crue ou de blé cru (type Ebly par exemple) |
| 1 yaourt ou 70 g de fromage blanc | 35 g de blé soufflé pour petit déjeuner ou de céréales type All-bran ou de flocons d'avoine crus |
| 150 ml de lait | 150 ml de "lait" végétal |
| 30 g de fromage | 60 g de légumes secs cuits (80 à 100 g si conserve) |
| 20 g de saucisson sec | 20 g de beurre d'arachide ou de cacahuètes |
| 15 g de lait écrémé en poudre | 20 g de germes de blé |
| 80 g de lasagne | 10 - 12 g de levure alimentaire |
A partir de cette table, à vous de composer une ration qui apportera au moins 50 g de protéines par jour.
Vous pouvez choisir par exemple de consommer dans la journée, entre autres, 150 ml de lait de soja (=1 part de protéines), 35 g de blé soufflé (=1 part de protéines),
100 g de viande (= 4 parts de protéines), 100 g de spaghetti (= 1 part de protéines), 1 yaourt (=1 part de protéines), 1 petit pain individuel de 60 g (=1 part de protéines) et une part de 30 g de camembert (=1 part de protéines), ce qui représente un total de 10 parts de protéines, et la sécurité de ne pas avoir consommé dans cette journée moins de 50 g de protéines.
On essaiera par ailleurs, le plus souvent possible, de piocher pour moitié dans le groupe des protéines de source animale, et pour moitié dans celui des protéines de source végétale.
Dans notre exemple, nous avons 5 parts en provenance du groupe d'origine animale (la viande, le yaourt et le fromage) et également 5 parts d'origine végétale (lait de soja, blé soufflé, pâtes, pain).
Mes 150 g de glucides, pas un de moins !
C'est un pas en avant pour sortir de la peur du sucre et en particulier de la phobie des féculents, mais ce ne sera pas encore suffisant. C'est une première étape qui représente 50% de l'énergie de la ration fixée comme objectif, c'est-à-dire de 1200 kcal, avant de passer ensuite à un apport quotidien normal qui avoisinnera les 250 g de glucides (50 à 55% de l'apport énergétique total si la ration est comprise entre 1800 et 2000 kcal / jour).
Ce sont donc 10 parts de 15 g de glucides que vous allez piocher dans les choix proposés ci-après, puisque 10 x 15 = 150 g de glucides.
| 1 PART = 15 GRAMMES DE GLUCIDES |
| Glucides simples | Glucides complexes |
| 200 g de carottes crues, betteraves, topinambours, coeurs de palmier ou 400 g de légumes non féculents variés | 30 g de pain |
| 75 - 100 g de banane, raisins, cerises, figues, litchis | 30 g de pâtes aux oeufs crues (ou 60 g cuites) |
| 125 - 150 g de fruits autres (pommes, poires, pêches, ananas...) | 20 g de riz cru (ou 50 g cuit) |
| 80 - 100 g de compote (sucrée) | 20 g semoule de blé crue ou de blé cru (type Ebly par exemple) |
| 1 yaourt aux fruits (sucré) | 25 g de blé soufflé pour petit déjeuner ou de flocons d'avoine crus ou 35 g de céréales type All-bran |
| 300 ml de lait ou 150 ml de lait chocolaté | 100 g de pomme de terre cuite à l'eau ou de purée, |
| 125 - 150 ml de jus de fruit | 75 g de purée de marrons en conserve |
| 100 g de fruits au sirop ou 40 g de pruneaux ou abricots secs | 80 - 100 g de légumes secs cuits |
| 25 g d'autres fruits secs (raisins, figues, bananes, dattes...) ou de sirop à diluer | 25 g de muesli ou de pain d'épices |
| 20 g de miel ou de confiture | 25 g de farine |
| 15 g de sucre ou de bonbons | 125 g de lasagne |
Pour couvrir vos besoins en glucides, il vous est conseillé de consommer des aliments sources de glucides complexes et des aliments sources de glucides simples.
Vous l'aurez remarqué, cette table contient des aliments sur lesquels on peut compter pour subvenir à nos besoins en glucides mais qui présentent dans le même temps un intérêt comme source de protéines ! Ainsi, on n'a pas besoin de manger des quantités énormes et des tonnes d'aliments variés chaque jour car certains d'entre eux vont être utiles à la fois pour les protéines, les glucides, le fer, le calcium,... !
Ainsi, par exemple, si à un repas vous mangez une portion de 250 g de lasagne, non seulement elle correspond à 2 parts de glucides, mais en outre, elle apporte aussi 3 parts de protéines et 2 parts de fer !
Mes 10 mg de fer, pas un de moins !
C'est un bon objectif, avant de passer ensuite à un minimum quotidien de 15 mg de fer par jour pour les femmes en âge de procréer.
Parmi les choix proposés ci-dessous, vous allez donc piocher 10 parts d'aliments apportant 1 mg de fer, puisque 10 x 1 mg = 10 mg de fer.
| 1 PART = 1 MILLIGRAMME DE FER |
| Fer d'origine animale |
| 50 g de viande d'agneau cuite |
| 50 g de pâté impérial |
| 30 - 50 g de viande de boeuf ou de cheval, de canard ou de caille cuite |
| 100 g de viande de porc ou de dinde ou de poulet cuite ou de jambon ou de saucisse ou de quiche lorraine |
| 80 - 125 g de lasagne, hachis parmentier, paëlla, ravioli... |
| 100 - 200 g de poisson |
| 50 - 70 g de crustacés |
| 40 g de sardines ou pilchard en conserve |
| 50 - 100 g de viande de veau cuite |
| 20 - 35 g de pâté |
| 10 - 15 g de viande de pigeon rôti, de boudin, de foie, de coeur ou de rognons |
| 10 - 15 g de moules, coques, huîtres, bigorneaux, praires |
| 10 - 15 g de viande de pigeon rôti, de foie, de coeur ou de rognons ou 1 jaune d'oeuf |
| Fer d'origine végétale |
| 10 g de cacao en poudre ou de céréales type All-bran |
| 20 g de soja cuit ou de müesli |
| 15 - 20 g de céréales pour petit déjeuner ou de pistaches rôties salées |
| 30 g de lentilles cuites et égouttées |
| 30 ml de lait de coco |
| 35 - 40 g de haricots blancs ou rouges ou de pois chiches (cuits) ou de farine de blé complet ou de farine de sarrasin, ou de graines oléagineuses ou de dattes sèches ou de pruneaux |
| 45 - 50 g d'épinards cuits ou de bettes cuites ou de noix de coco fraîche ou de sarrasin cru |
| 50 g de pain complet ou pain de seigle ou de pain d'épices |
| 55 g de flageolets ou de taboulé en conserve |
| 60 g de tofu |
| 70 g de petits pois cuits et égouttés ou de pois cassés cuits ou de sauce tomate |
| 125 g de fèves cuites, choux de Bruxelles cuits, brocoli cuit, potiron/citrouille, laitue cuite, macédoine de légumes en conserve, haricots verts |
| 100 g d'avocat, de cassis, de figue de barbarie, de grenade, de groseilles, de mangue, de mûres |
| 150 g de figue, de framboise, de fruit de la passion |
| 170 - 200 ml de jus de soja ("lait" de soja) ou jus de carotte ou jus de tomate ou soupe de légumes |
| 250 g de tomates ou de légumes non féculents variés |
| 300 g de fruits frais autres que ceux déjà mentionnés |
| 4 g de spiruline, 6 g de levure alimentaire, ou 15 g de pollen |
Attention, le fer d'origine végétale est plus difficile à assimiler par notre organisme. Pour ce faire, il est nécessaire d'apporter au cours du même repas une portion d'aliment riche en vitamine C !
Mes 600 mg de calcium, pas un de moins !
600 mg de calcium, c'est une première étape à atteindre au plus tôt, avant de passer ensuite à un minimum quotidien de 800 mg de calcium par jour et même 1200 mg de calcium par jour si votre croissance n'est pas terminée.
Cet apport de calcium, vous pourrez le réaliser en piochant parmi les choix qui suivent 5 parts d'aliments à 120 mg de calcium !
| 1 PART = 115 A 120 MILLIGRAMMES DE CALCIUM |
| Aliments (et apport en calcium par portion) | Poids ou volume de la portion équivalant à 1 choix de calcium (Ca) |
| Lait de vache ou de chèvre (114 et 120 mg respectivement) | 100 ml |
| Lait de brebis (119 mg) | 65 g |
| Sardine à l'huile égouttée (120 mg) | 30 g |
| Sardine sauce tomate en conserve (120 mg) | 35 g |
| Pilchard sauce tomate en conserve (125 mg) | 50 g |
| Filets d'anchois à l'huile en conserve (126 mg) | 60 g |
| Crevettes et bigorneaux cuits (115 mg et 130 mg respectivement) | 100 g |
| Fromage blanc à 20% ou à 0% de M.G. (117 et 126 mg respect.) | 100 g |
| Crème dessert ou crème anglaise (125 / 130 mg) | 100 g |
| Yaourt (150 - 190 mg en moyenne) | 125 g |
| Fromages à pâte ferme et bleu (120 mg) | 10 à 15 g |
| Roquefort (120 mg) | 20 g |
| Camembert, Tomme (120 mg) | 30 g |
| Soja cuit (127 mg) | 125 g |
| Haricots rouges ou blancs, cuits ou en conserve (105 - 124 mg) | 175 g |
| Tofu, bettes cuites (120 mg) | 60 g et 120 g respectivement |
| Amandes (113 mg) | 45 g |
| Brocoli cuit (114 mg) | 150 g |
| Épinards, crus ou cuits (140 mg) | 125 g |
| Haricots verts ou "beurre" bouillis et égouttés (107 mg) | 250 g |
| Pissenlit cru (124 mg) | 75 g |
| Oranges (120 mg) | 300 g (2 oranges moyennes) |
| Radis noir cru (121 mg) | 115 g |
| "Yaourt" de soja enrichi en calcium ou "lait" de soja enrichi en calcium (115 - 130 mg) | 100 à 125 ml |
| Dessert de soja aux ferments vivants ("yaourt" de soja non enrichi en calcium) (119 mg) | 175 ml |
| Aliments (et apport en calcium par portion) | Poids ou volume de la portion équivalant à 1/2 part de calcium |
| Oeufs entiers, crus ou cuits (60 mg) | 110 g, soit 2 oeufs de 55 g pièce |
| Truite arc-en-ciel ou perche cuite ou hareng fumé ou éperlan (60 à 70 mg) | 100 g |
| Endives crues ou cuites, poireau cuit, lentilles cuites, fraises, framboises, kaki, mangue, papaye, pamplemousse, raisin blanc frais (60 mg) | 300 g |
| Macédoine de légumes en conserve, petits pois (65 mg) | 250 g |
| Kiwis, mûres, potiron/citrouille, carottes crues ou cuites, choux de Bruxelles, chou cuit, laitue cuite, navet cuit, salsifis en conserve, topinambour cuit (60 - 68 mg) | 200 g |
| Artichaut cuit, orange, rhubarbe cuite sucrée, chou rouge cuit à l'eau, coeurs de palmier en conserve, céleri branche cuit, céleri rave cru ou cuit, fenouil (60 mg) | 150 g |
| Salsifis cuits (61 mg) | 130 g |
| Chicorée frisée crue, chou rouge cru, céleri branche cru, pois chiches cuits (60 - 62 mg) | 110 g |
| Figues fraîches, dattes sèches, cassis (60 mg) | 100 g |
| Noisettes, noix du Brésil (60 - 66 mg) | 35 g |
| Pistaches rôties salées (61 mg) | 45 g |
| Figues sèches, graines de sésame (60 - 64 mg) | 40 g |
| Groseilles fraîches (61 mg) | 170 g |
| Jus de soja non enrichi en calcium (60 mg) | 400 ml |
| |
Mes 70 mg de vitamine C, pas un de moins !
La vitamine, vitamine de la vitalité par excellence, C protège et défend l'organisme mais elle joue aussi un rôle dans l'absorption du fer d'origine végétale. C'est tous les jours qu'il nous en faut !
Pour couvrir vos besoins en vitamine C, vous pourrez vous aider du tableau ci-dessous pour atteindre un minimum de 70 mg par jour !
| Plus de 40 mg par portion de 125 g ou ml | De 20 à 40 mg par portion de 125 g ou ml |
| Agrumes et leurs jus : orange, pamplemousse, citron | Chou, cru ou cuit |
| Brocoli cru ou cuit, radis noir cru | Pomme de terre, au four ou bouillie |
| Choux de Bruxelles, chou rouge cru ou cuit, chou fleur cru ou cuit | Navet cru ou cuit, radis rose cru |
| Poivrons, épinards crus, salade de mâche, pissenlit cru | Tomates, fraîches ou en conserve, melon |
| Fraises, cassis, kiwis, mangue, litchis, groseilles, goyave, papaye | Jus de tomate |
| Jus enrichi de vitamine C | Epinards cuits, Oseille cuite |
Mes 15 g de corps gras d'ajout, pas un de moins !
C'est un premier pas en avant pour sortir de la "peur du gras" tout en apportant à votre corps
les vitamines liposolubles et les acides gras essentiels, indispensables à la vie.
Cette petite quantité de lipides, fournie chaque jour grâce à la consommation de :
- une noisette (= 5 g) de beurre ou de margarine végétale
et
- 2 cuillers à café d'huile végétale, de préférence riche en acides gras essentiels
comme l'huile de soja, de noix ou de colza,
couvrira vos besoins de base et contribuera à l'équilibre de votre alimentation.
Questions - Réponses :
- J'aimerais bien suivre ces conseils mais ça m'a l'air trop compliqué, je ne sais pas par où commencer !
=> Quand on a appris à compter ses calories pour arriver à n'en consommer que 400 ou 500 par jour, on est capable de les compter pour en atteindre 1200. Ce qu'il faut comprendre avant tout c'est qu'il est nécessaire de ne pas se mentir, et de manger varié pour couvrir les besoins humains. Ce que l'on vise ici, c'est précisément de redécouvrir à la fois la nécessité et le plaisir de cette variété alimentaire. On reprend chacun des points un à un et l'on construit sa ration selon ses préférences.
- Je veux bien remanger mais il y a certains aliments qui me dégoûtent trop.
=> Peu de gens sont capables d'aimer tous les aliments ; la plupart d'entre nous avons des aversions alimentaires pour des raisons aussi variées que le mauvais souvenir d'une indigestion ou un interdit culturel ou religieux. Heureusement, les nutriments que l'on trouve dans certains aliments se trouvent également dans d'autres qui offrent ainsi une alternative. Par exemple, si je n'aime pas la viande rouge, je vais choisir un apport de protéines et de fer qui seront liés à la consommation d'autres aliments tels que les lentilles. Ce qui importe en réalité c'est que nos choix alimentaires ne soient pas incompatibles avec les principes vitaux.
- Je ne peux manger que de petites quantités.
=> Alors à vous de choisir les aliments qui ont une densité énergétique élevée, c'est-à-dire que sous un faible volume, ils nourrissent bien. De cette manière, on n'a pas la sensation d'être gavé et l'on peut renouer avec l'alimentation sans heurts. Par ailleurs, vous pouvez également fractionner votre alimentation sur la journée ; en effet, vous supporterez sans doute mieux de prendre 3 petits repas et 2 ou 3 collations légères plutôt que 3 gros repas. Enfin, vous pourrez également veiller à choisir des aliments particulièrement digestes, qui ne procurent pas une sensation de pesanteur ou un inconfort digestif. Si je souhaite sentir mon estomac occupé et rempli, je vais choisir une grosse pomme à croquer, mais si je veux une sensation plus légère et une digestion rapide, j'opterai pour un verre de jus de pomme. Une compote, dont la consistance est à mi-chemin entre solide et liquide se digèrera également plus aisément que la pomme crue. D'ailleurs, cela est vrai pour la plupart des végétaux, qui sont plus digestes cuits que crus. Chacun est différent, et c'est entre vos besoins, vos capacités et vos préférences que si situe le juste comportement alimentaire ; celui qui vous convient, à vous.
- Moi au contraire j'ai besoin d'être rassurée par la sensation de plénitude au niveau de l'estomac...
=> Dans ce cas vous pourrez privilégier les aliments plus volumineux et/ou plus longs à digérer et prendre 3 repas copieux qui vous permettront de ne pas manger entre les repas.
- J'ai peur de ne pas pouvoir m'arrêter de manger si je commence.
=> Les compulsions alimentaires proviennent des privations que vous vous êtes imposées précédemment. Il faut donc rompre ce cercle vicieux : en cessant de vous interdire, vous cesserez de vous placer dans une dynamique où vous faîtes tout pour vous pousser à perdre le contrôle alors que vous détestez cela. Ni les féculents, ni le beurre, ni le fromage, ni le chocolat, ni la viande, bref, aucun aliment n'est mauvais ou ne fait grossir. Votre peur de tomber dans l'excès peut être simplement une façon de ressentir de l'anxiété, non face aux aliments ou face à votre poids, mais face à des choses tout autres telles que la vie, la maladie, la solitude, les responsabilités, l'amour, le changement, la séparation, etc.
De nombreuses situations sont source de peur et d'angoisse, tant que nous ne savons pas adopter un comportement ou un raisonnement qui nous permet d'y faire face. Mieux se connaître, mieux trouver sa place dans son environnement, explorer ses propres capacités à s'adapter et à faire face aux problèmes est ce qui nous permet de restaurer notre confiance et notre auto-estime, généralement au terme d'un travail sur soi mené en collaboration avec un psychotérapeute.
- Faut-il compter les calories ou au contraire arrêter de compter ?
=> De même que chacun peut trouver sa propre façon de couvrir agréablement et efficacement ses besoins nutritionnels, il n'existe pas une approche unique. Pour certains, compter les calories est sécurisant et peut permettre de progresser ; pour d'autres, il sera au contraire préférable de sortir de l'obsession de cette minutieuse comptabilité en privilégiant une méthode plus globale, plus proche de la véritable diététique, qui consiste en réalité à mieux connaître les différentes familles d'aliments et les nutriments, afin d'apprendre à assembler les aliments pour construire une ration alimentaire correcte. Sur le long terme il est important de ne plus avoir besoin de compter quoi que ce soit pour pouvoir être en accord avec soi même sur les choix alimentaires que l'on fait.
- Est-ce problématique si l'on continue de s'intéresser de très près aux aliments et de se poser des questions de diététique ?
=> Il faut autant se méfier des mauvaises réponses que des mauvaises questions. C'est une bonne chose de porter de l'intérêt à la nourriture, car nos choix ne sont pas anodins, notre forme et notre santé en dépendent et nous n'avons pas de raison de nous désinvestir et de nous déresponsabiliser face à nos choix alimentaires. Mais la nourriture n'est pas que nutriments, elle est bien plus que ça : symbole, rapprochement social, partage, communication, il y a tout un univers riche en signification qui existe autour de nos repas et que nous ne devons ni oublier ni rejeter. En évitant de se focaliser sur l'infiniment petit, on verra mieux ce qui se passe à l'échelle humaine.
- Je veux bien remanger davantage mais je redoute de prendre du poids...
=> Notre poids ne prend de sens que lorsqu'on l'inscrit dans la grille de repères propre à l'interprétation.
Si nos repères sont faussés, nous pensons que c'est notre poids qui est en cause et nous essayons d'agir sur notre poids, ce qui n'est évidemment pas la bonne façon de réévaluer nos grilles de références, d'interprétation et de compréhension du monde. Nous avons tous des amis ou des connaissances autour de nous que nous trouvons intéressants, drôles, doués, charmants, quel que soit leur poids ! Il est infondé de penser qu'en ce qui vous concerne, vous ne pourrez être quelqu'un de bien qu'en étant maigre. Maigrir n'aurait pas permi à un Pavarotti de mieux chanter ! Coluche et Devos n'ont pas eu besoin de se mettre au régime pour être des comiques au même titre que Palmade ou De Funès ! Il suffit de regarder autour de nous pour nous apercevoir que notre valeur est totalement indépendante de notre poids !
Chaque visiteur de cette page est dans une situation unique, différente de celle des autres internautes
lisant cette page et tous les conseils donnés ici ne peuvent en aucun cas se substituer à la
prise en charge thérapeutique par le corps médical.
Pour certains, reprendre du poids est inévitable car le poids perdu au cours des dernières semaines représente une certaine masse
d'organes vitaux ou tissus nobles qui doivent impérativement être restaurés, pour tant est que
cela soit encore possible... or tous ces tissus, qu'il s'agisse de biceps, d'intestin, d'os ou encore
de sang, ont un poids et ce poids s'inscrit inévitablement sur la balance.
Il faut sortir de l'obsession du poids, pour accepter de reconstruire son identité sans s'arrêter à 500 grammes ou quelques kilos.
Il faut prendre de la distance par rapport au poids d'un repas, d'un verre d'eau, d'un oedème, d'un transit un peu ralenti, qui sont responsables, pour quelques jours d'une augmentation transitoire du poids corporel, sans que celle-ci soit définitive et sans qu'elle entâche la valeur humaine de l'individu ni ne ruine son avenir et ses espérances.
Parce que nous ne sommes pas des natures mortes mais des êtres vivants, des changements incessants ont lieu en nous, changements qui affectent naturellement tout ce que nous sommes, dont notre poids. En parler, apprendre, comprendre, et dépasser ses peurs, c'est le travail sur soi qui est à accomplir pour faire la paix avec son corps, son poids et son alimentation, avec le concours du médecin, du psychiatre, du diététicien,...
Exemples de rations correctes, au dessus du seuil minimum des 1200 Calories :
Nous prendrons pour exemples deux rations adaptées pour une personne n'aimant pas faire de gros repas et se sentir lourde au sortir de table,
et pour une autre préférant prendre des repas copieux et se sentir bien rassasiée.
| Objectif A : confort digestif et légèreté | Objectif B : plénitude et satiété |
| Petit déjeuner (280 kcal) | Petit déjeuner (314 kcal) |
| 1 jus d'orange (125 ml) | 1 kiwi (80 g) |
| 40 g de céréales | 60 g de pain complet |
| 1 yaourt nature ordinaire (125 g) | 5 g de beurre |
| 1 thé avec 1 sucre | 1 café + 200 ml de lait 1/2 écrémé |
| Déjeuner (335 kcal) | Déjeuner (493 kcal) |
| 1 tomate (125 g) + 1 cuiller à café d'huile | 2 tomates (250 g)+ 1 cuiller à café d'huile |
| 40 g de pain complet | 100 g de pâtes cuites |
| 60 g de filet de perche au four | 100 g de rôti de boeuf |
| 125 g de haricots verts + 5 g de beurre | 250 g de brocoli |
| 30 g de camembert | 100 g de fromage blanc à 20% nature |
| Collations (248 kcal) | Avant dîner (22 kcal) |
| 1 tasse de soupe de légumes (200 ml) | 200 g de concombre |
| 30 g de pâté de campagne | |
| 40 g de pain complet | |
| Dîner (258 kcal) | Dîner (398 kcal) |
| 50 g de crevettes | 40 g de sardine |
| 60 g de salade de mâche | 150 g d'endive |
| 40 g de pain de seigle | 100 g de carotte |
| 1 cuiller à café d'huile | 90 g de haricots rouges |
| 1 yaourt nature ordinaire (125 g) | 1 cuiller à café d'huile |
| Soirée (92 kcal) | 1 yaourt nature ordinaire (125 g) + 5 g de sucre |
| 100 g de compote | 1 pomme (150 g) |
Masse totale sauf boissons | 880 g | 1815 g |
| Apport énergétique | 1251 kcal | 1247 kcal |
Densité énergétique hors boissons | 1,39 | 0,66 |
Commentaires sur ces 2 rations
* Malgré des choix et, en particulier, des volumes alimentaires très différents, les 2 rations
atteignent le seuil minimum des 1200 Calories conseillées.
On remarquera que les aliments sont ordinaires. Les allégés ne sont pas utiles.
De même, on constate que l'on peut intégrer aisément du fromage ou même une part de
charcuterie dans la ration sans que celle-ci devienne pour autant trop riche en énergie,
contrairement aux idées reçues ! Rappelons également que "minimum" veut dire qu'il n'en
faut pas moins, donc, qu'il en faut plus...
Par ailleurs, bien que la ration B soit un peu moins énergétique que la ration A, elle pèse plus lourd.
Cela veut dire qu'en mangeant cette ration, je pèserai près d'un kilo de plus demain matin que si je mange la ration A ! Et cette différence de poids est sans rapport avec ma masse grasse, je ne suis pas plus grosse si je mange la ration B plutôt que la ration A, mais tant que les aliments et leurs résidus transitent dans mon corps, leur poids s'affiche sur la balance.
* Commençons par vérifier le nombre de parts de protéines contenues dans chaque ration, en nous reportant au tableau des parts de protéines. Nous avons besoin, au minimum, de 10 parts de 5 g de protéines par jour.
Dans la ration A :
- 40 g de céréales pour petit déjeuner <=> 1 part
- 2 yaourts <=> 2 parts
- pain complet et seigle, 120 g <=> 2 parts
- 60 g de poisson <=> 2 parts
- 30 g de fromage <=> 1 part
- 50 g de crevettes <=> un peu moins de 2 parts
- 30 g de pâté <=> un peu moins d'1 part
Total = 10 parts, soit un minimum de 50 g de protéines
Dans la ration B :
- 60 g de pain complet <=> 1 part
- 200 ml de lait <=> un peu plus d'1 part
- 100 g de pâtes cuites <=> 1 part
- 100 g de viande <=> 4 parts
- 100 g de fromage blanc <=> un peu plus d'1 part
- 40 g de poisson <=> un peu plus d'1 part
- 90 g de haricots rouges en conserve <=> 1 part
- 1 yaourt <=> 1 part
Total = 11 parts, soit un minimum de 55 g de protéines
* Au tour des glucides à présent, que nous pouvons contrôler à l'aide du tableau des parts de glucides. Nous devons avoir au minimum 10 parts de 15 g de glucides par jour.
Dans la ration A :
- 125 ml de jus d'orange <=> 1 part
- 40 g de céréales <=> 1 part
- 1 yaourt + 1 sucre <=> 1 part
- pain complet et seigle, 120 g <=> 4 parts
- 1 yaourt nature <=> un peu moins d'1 part
- 100 g de compote sucrée <=> 1 part
- 400 g de légumes variés <=> 1 part
Total = 10 parts, soit un minimum de 150 g de glucides
Dans la ration B :
- 230 g de fruits <=> un peu moins de 2 parts
- 60 g de pain complet <=> 2 parts
- 200 ml de lait <=> un peu plus d'1 part
- 100 g de pâtes cuites <=> un peu plus d'1 part
- 90 g de haricots rouges en conserve <=> 1 part
- 1 yaourt + 1 sucre <=> 1 part
- 950 g de légumes variés <=> 2 parts
Total = 10 parts, soit un minimum de 150 g de glucides
* Vérifions à présent que l'apport en fer est conforme à nos attentes, en nous référant au tableau des parts de fer. Nous devons atteindre au moins 10 parts de 1 mg de fer par jour.
Dans la ration A :
- 40 g de céréales <=> 2 parts
- pain complet et seigle, 120 g <=> un peu plus de 2 parts
- 200 ml de soupe de légumes <=> 1 part
- 30 g de pâté <=> 1 part
- 50 g de crevettes <=> 1 part
- 60 g de mâche <=> un peu plus d'1 part
- 125 g de haricots verts <=> 1 part
- 60 g de poisson + 125 g de tomate <=> 1 part
Total = 10 parts, soit un minimum de 10 mg de fer
Dans la ration B :
- 60 g de pain complet <=> un peu plus d'1 part
- 250 g de tomates <=> 1 part
- 100 g de rôti de boeuf <=> 3 parts
- 250 g de brocoli cuit <=> 2 parts
- 40 g de sardine <=> 1 part
- 90 g de haricots rouges en conserve <=> un peu plus de 2 parts
- 450 g de légumes variés "autres" <=> un peu plus d'1 part
Total = 11 parts, soit un minimum de 11 mg de fer
* Même vérification concernant l'apport en calcium, en nous appuyant sur le tableau des parts de calcium. Il nous faut au moins 5 parts de 120 mg de calcium par jour.
Dans la ration A :
- 2 yaourts <=> 2 parts
- 125 g de haricots verts <=> 1/2 part
- 30 g de camembert <=> 1 part
- 50 g de crevettes <=> 1/2 part
- reste de la ration : poisson + pâté + pain complet + pain de seigle + céréales + légumes + fruits... <=> 1 part
Total = 5 parts, soit un minimum de 600 mg de calcium
Dans la ration B :
- 200 ml de lait <=> 2 parts
- 250 g de brocoli cuit <=> un peu moins de 2 parts
- 100 g de fromage blanc <=> 1 part
- 40 g de sardine à l'huile égouttée <=> 1 part
- 90 g de haricots rouges en conserve <=> 1/2 part
- 1 yaourt <=> 1 part
Total = 7 parts, soit un minimum de 820 mg de calcium
* Idem pour la teneur en vitamine C de ces rations, avec le tableau des sources de vitamine C grâce auquel nous vérifions que l'apport est au moins de 70 mg par jour.
Dans la ration A :
- 125 ml de jus d'orange <=> Au moins 40 mg
- 125 g de tomates <=> Au moins 20 mg
- 60 g de mâche <=> Au moins 20 mg
Total = nous obtenons un minimum de 80 mg de vitamine C
Dans la ration B :
- 1 kiwi <=> Au moins 40 mg (et même bien plus !)
- 250 g de tomates <=> Au moins 40 mg
- 250 g de brocoli cuit <=> Au moins 80 mg
Total = Jackpot, vous avez fait sauter la banque !
Quant à nos 3 portions de 5 g de corps gras d'ajout chacune, elles sont bien présentes dans la ration A comme dans la ration B, ce qui nous permet de conclure qu'aucune des 2 rations n'a pu être prise en défaut par rapport aux objectifs nutritionnels que nous nous étions fixés.
Nous voici arrivés au terme de cet exercice pratique de diététique appliquée, et si vous avez eu le courage, la patience, la persévérance de lire cette page jusqu'ici, le moins que l'on puisse dire est que ces qualités sont bien développées chez vous, ce qui est plutôt de bon augure pour la suite !
Vous pouvez imprimer cette page, découper les tableaux et préparer des menus si cela peut vous aider. Pour vous tenir à vos résolutions, organisez-vous. Encore une fois, tous les cas sont particuliers, aussi n'hésitez pas à (r)établir et entretenir le dialogue avec votre
médecin, vos proches, vos amis, votre psy et votre diététicien pour retrouver le chemin du bien manger et de la santé, en prenant soin de vous, aussi bien sur le plan physique que sur le plan plus abstrait des idées ou des projets.
Au niveau nutritionnel, les étapes suivantes consisteront à continuer d'augmenter progressivement votre ration énergétique pour revenir à un apport suffisant pour que votre corps n'ait plus besoin de fonctionner en "mode économie" mais puisse retrouver un rythme cardiaque normal, une digestion normale, une température normale, un système hormonal fonctionnel, etc. et vous permettre de vous sentir en paix vis-à-vis de la nourriture, dans toutes les circonstances de la vie quotidienne.
Muriel Finetin, diététicienne
dernière mise à jour février 2010
Anorexie, boulimie, obésité juvénile et de l'adulte...
Les adresses utiles
Sélection de livres sur l'anorexie, pour mieux comprendre cette maladie :