1 - Commencer par se poser les bonnes questions
L'accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication permet d'obtenir aujourd'hui très rapidement une foule d'informations diététiques et conseils nutritionnels de toute sorte. De ce fait, il est essentiel de prendre un peu de recul pour les comprendre en tenant compte de leur contexte, de l'émetteur de ces informations, de ses propres attentes et de ce l'on souhaite en faire dans la pratique. De nos jours, en effet, l'abondance de documents à portée de clic nous confronte à un problème nouveau : le risque de confondre renseignements et enseignements, informations et savoirs, expertises et expériences, et d'isoler sans y prendre garde un discours de son émetteur et du contexte dans lequel il a été émis, auquel cas une parole peut être vidée de son sens et interprétée à revers. C'est pourquoi la personne demandeuse de conseils diététiques devrait s'efforcer d'adopter une attitude prudente et ne jamais se départir du sentiment de sa propre responsabilité, car c'est toujours elle qui est amenée à faire des choix qui reposent sur son libre-arbitre et ses propres références socioculturelles afin de se construire telle qu'elle souhaite être, à travers la façon dont elle s'alimente.
D'autre part, les gens ont du mal à intégrer les recommandations nutritionnelles (comme le montrent les enquêtes, savoir les citer ne veut pas dire qu'on les met en application...) parce qu'ils reçoivent ces conseils passivement, or il est indispensable qu'ils soient les acteurs dynamiques de leur santé. C'est une démarche individuelle même si elle nous concerne tous, et nul ne peut la faire à notre place. Nous nous construisons à partir des questions que nous nous posons. Si l'on ne se pose pas de questions, on n'a plus de raison d'agir. En tant que diététicienne, j'ai rencontré beaucoup de patients qui attendaient de ma part, dans le cadre de leur consultation diététique, que je leur livre un régime qu'ils n'avaient pas vraiment demandé car ils le considéraient bien plus comme une obligation (il "faut" que je maigrisse, je "dois" maigrir,...), qu'ils n'avaient pas envie de suivre, et à propos duquel ils ne souhaitaient pas perdre du temps en essayant de le comprendre. Comprendre la diététique, c'était mon boulot. Je pense au contraire que l'on ne peut agir, et notamment agir en accord avec soi-même, que si l'on comprend ce que l'on fait et pourquoi on le fait. Manger, en particulier, est un acte qui a beaucoup de sens dans les sociétés humaines. Cela signifie que ce n'est pas le diététicien qui doit détenir le savoir diététique, mais qu'il est surtout là pour le transmettre afin que chacun puisse acquérir les connaissances utiles pour s'en servir dans son propre intérêt. Toutefois, cette transmission n'est possible que si le terrain est favorable grâce à l'envie de savoir, la curiosité, les questions qui préparent l'accueil des réponses et leur appropriation.
Qu'est-ce qui m'amène à rechercher des conseils ? Quel est mon problème, exactement ?
N'appliquez jamais de solution sans savoir à quel problème cette solution est adaptée : avant d'accepter des réponses, prenez le temps de formuler clairement vos questions et vos objectifs. C'est ainsi que naît la motivation, qui est le moteur de tout changement décidé. Elle s'appuie sur la volonté claire de changer ce qui existait, en sachant pourquoi ce changement est désiré, pour aller vers un autre objectif, bien déterminé, avec la capacité de regarder cet objectif en face pour comprendre ce qu'il représente, pourquoi il est désirable, dans quelle mesure il est réaliste, et le temps ainsi que les moyens qu'il est souhaitable et possible d'y consacrer pour l'atteindre. Lorsqu'il s'agit d'un objectif en rapport avec la santé, il faut encore envisager les moyens de maintenir les bénéfices acquis. Est-ce que je me sens prêt(e) à remettre en question mes habitudes alimentaires, suis-je réceptif(ve) à d'autres alternatives ?
Tout changement met en oeuvre une déconstruction partielle suivie d'une reconstruction, mais déconstruire ce qui doit l'être ne revient pas à tout détruire, à effacer ce que l'on a été : c'est en réalité une évolution personnelle positive, qui s'appuie sur ce qui existe déjà, en tient compte et à partir de ce bilan admet de porter un regard éclairé sur ses précédentes expériences, de se remettre en question sans nier ni renier ce que l'on est, son histoire, son passé. L'erreur malheureusement fréquente lorsqu'on souhaite perdre du poids par exemple, est de s'engager dans une démarche essentiellement négative, de punition et de restriction, qui ne débouche sur aucune perspective à long terme. Dès lors, on ne saurait y adhérer que très provisoirement et bien à contre-coeur... Que l'on éprouve quelques craintes, une certaine insécurité, c'est naturel lorsqu'on aborde quelque chose d'inconnu. Mais c'est aussi le propre de l'homme que d'apprendre de ses erreurs passées. Quand on a été en surpoids, on ne peut jamais manger après le régime de la même façon que l'on mangeait avant le régime ; si on remange de la même façon qui nous a fait grossir avant, si l'on n'a rien appris pendant le régime sur les erreurs alimentaires qui sont à l'origine de notre problème de poids, alors on regrossira après. C'est pourquoi, ce qui compte, ce n'est pas juste de gommer les kilos superflus et faire comme si de rien n'était (dans ce cas on va forcément reprendre le poids perdu et continuer à grossir), mais de réformer son mode d'alimentation habituel pour corriger réellement ce qui était à l'origine du surpoids ou l'entretenait. Bref, il ne s'agit pas de s'atteler au seul symptôme visible mais aux causes sous-jacentes qui produisent celui-ci.
2 - S'impliquer personnellement pour atteindre son objectif
Toute modification de l'alimentation s'opère en trois temps qui représentent trois étapes successives indispensables :
1) une phase de prise de conscience, consistant en un temps de réflexion sur la situation posant problème et son contexte,
2) une phrase de préparation, qui est le temps de l'étude des solutions possibles, de la décision et de l'élaboration du projet personnel,
3) une phase d'action, enfin, qui est un temps consacré à la mise en oeuvre concrète des moyens permettant d'atteindre son objectif. Les moyens doivent être non seulement acceptables mais agréables à suivre ; plus ils "résonneront" en vous comme une réponse attendue et non comme une contrainte imposée, plus vous serez en mesure de modifier durablement votre comportement alimentaire.
Choisir, c'est se sentir libre, alors que subir c'est être privé de liberté ; c'est là toute la différence, soulignée par les psychosociologues, existant entre l'éventuelle efficacité à court terme liée à un processus d'imitation ou de soumission à une volonté extérieure, par rapport à l'efficacité à long terme qui résulte d'un processus d'appropriation, où les principes sont réellement intériorisés, ce qui permet au nouveau comportement de s'inscrire dans la durée. Or d'après une étude sur l'échec des régimes amaigrissants, réalisée à partir des réponses de plus de 400 internautes visiteurs du site La diététique en question (et que vous pouvez lire dans son intégralité ici : L'échec des régimes amaigrissants), les personnes qui réussissent leur régime sont celles qui en parlent comme formant un ensemble de choix diététiques perçus comme agréables, élaborés avec plaisir et souplesse dans le sens de leur projet. Au contraire, celles qui vivent le régime comme un lot de contraintes et de frustrations, de manière rigide, présentent une tendance statistique significative à échouer dans leur régime, l'échec des régimes étant considéré comme l'échec à maigrir durablement. Ceci souligne l'importance d'une construction du régime judicieuse, en tous points respectueuse de l'individu. Le régime est délibérément entrepris, il est voulu, pensé, organisé, investi, il a un sens profond pour celui qui a pris la décision de se mettre au régime. Cette représentation positive et volontaire du régime en tant que mode d'alimentation adapté à une personne en tenant compte de ses caractéristiques, est souvent le contraire de ce que véhiculent les termes "régime amaigrissant" dans le langage courant, ce qui contribue à expliquer le taux d'échec des régimes très élevé.
3 - Se donner les moyens de réussir durablement
Passé un certain âge, personne ne peut faire les bons choix à notre place, de sorte que notre réussite repose essentiellement sur nous. Cela ne veut pas dire que l'on soit seul face à l'effort, bien au contraire, car dans notre société de (sur)consommation, où l'homme vit à cent à l'heure et se définit en fonction de ce qu'il consomme (voiture, biens éléctroménagers, loisirs, vêtements, nourriture...), chacun est concerné par la menace de la malnutrition moderne et la perte de sens social de l'acte alimentaire. Participer à la prise de conscience collective et à la responsabilisation de la société dans son ensemble, qui débouchent sur le changement d'habitudes alimentaires à l'échelle de la population, passe par des actions individuelles. Car notre société, c'est nous tous.
Grâce à notre intelligence, nous sommes capables de comprendre, de prévoir, de prévenir les phénomènes qui nous inquiètent ou nous menacent. Si certains préfèrent s'en remettre à une intervention extérieure, nous avons aussi la possibilité de choisir de prendre l'initiative : savoir ce que l'on mange, s'interroger sur les qualités de tel ou tel aliment, les ingrédients des plats que l'on achète déjà transformés, les différentes manières de répondre à nos besoins énergétiques et qualitatifs ; tout cela est à la fois un enrichissement personnel et le gage de notre liberté, car nous pouvons alors agir en toute connaissance de cause.
Pour pouvoir choisir ce que l'on mange en étant bien informé, il faut simplement commencer par oser poser des questions, s'étonner, s'interroger sur ce qui nous entoure, ce qu'on nous vend, ce qu'on nous sert, ce qui pousse, mûrit, se transforme et nous transforme. Alors nous saurons faire bon usage de tous les aliments à notre disposition, sans les craindre car nous n'avons rien à redouter d'eux si nous les connaissons et les considérons pour ce qu'ils sont.
C'est dans cette optique que vous trouverez sur le site La diététique en question des informations, des conseils, mais aussi des logiciels diététiques en ligne personnalisables qui vous permettent de vraiment prendre en main votre alimentation, la passer au crible de votre curiosité et mesurer son impact sur votre organisme : évaluation de vos apports et de vos dépenses énergétiques, contrôle de l'équilibre de votre ration alimentaire, propositions de menus à partir des aliments que vous aimez pour réaliser votre objectif (perte de poids, stabilisation, prise de poids), suivi graphique de votre courbe d'amaigrissement...
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